Des jihadistes quittent Daesh, victimes de fausses promesses

Les conditions de vie difficiles des combattants enrôlés sous la bannière jihadiste en seraient la première cause .[MARWAN IBRAHIM / AFP]

Des dizaines de recrues de Daesh ont quitté l'organisation jihadiste ces dernières semaines, déçus de ne pas s'être vus offrir le mode de vie qu'on leur avait promis, selon un rapport publié par un think tank britannique.

 

Pour élaborer ce rapport, les experts du Centre International pour l'étude de la radicalisation et de la violence politique (ICSR) ont interrogé 58 déserteurs de Daesh, issus de 17 pays, s'étant rendus en Syrie. A travers ces témoignages, ils ont dégagé plusieurs types de raisons qui les ont poussé à faire défection. 

La première concerne "les conditions de vie difficiles et décevantes" des combattants enrôlés sous la bannière jihadiste. Nombre d'entre eux s'étaient engagés après s'être vus promettre voitures et autres biens de consommation de luxe. Ils se sont finalement retrouvés à vivre dans des conditions misérables.

D'autres déserteurs ont rapporté que la vie quotidienne au sein de Daesh est particulièrement ennuyeuse et difficile, les occasions de combattre étant extrêmement rares. Selon eux, les étrangers, victimes de racisme, sont exploités et condamnés à accomplir des tâches pénibles comme le ménage. Des jihadistes originaires d'Inde, par exemple, auraient été condamnés à nettoyer les toilettes à cause de la couleur de leur peau. 

 

Choqués par la brutalité des cadres de l'organisation

Certains sont également partis après avoir été choqués par l'extrême brutalité dont font preuve les cadres de Daesh : exactions contre des civils innoncents et des otages, et même contre des membres de Daesh, exécutés par des chefs paranoïaques et obsédés par les "traîtres". 

Nombre des témoins interrogés ont aussi dit avoir été déçus par le fait que Daesh en Syrie passe plus de temps à combattre d'autres groupes sunnites, plutôt que de concentrer ses forces contre les troupes de Bachar al-Assad. L'un d'eux a ainsi estimé que le jihad promu par Daesh consistait en réalité à faire se battre "des Musulmans contre d'autres Musulmans". 

La corruption à laquelle se livreraient les cadres de Daesh constitue une autre critique émise par les anciens combattants. L'ICSR espère que ce rapport contribuera à dissuader les aspirants jihadistes, toujours aussi nombreux à succomber à la propagande de Daesh. 

 

 

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