Migrants : dirigeants serbe, bulgare et roumain se rencontrent à Sofia

Migrants et réfugiés attendent de monter dans un bus le 23 octobre 2015 à Sentilj à la frontière entre la Slovénie et l'Autriche [Rene Gomolj / AFP] Migrants et réfugiés attendent de monter dans un bus le 23 octobre 2015 à Sentilj à la frontière entre la Slovénie et l'Autriche [Rene Gomolj / AFP]

Les Premiers ministres de Serbie, de Bulgarie et de Roumanie se rencontrent samedi à Sofia.

Un réunion qui survient à la veille d'un mini-sommet sur la crise des migrants convoqué à Bruxelles entre l'Union européenne et les pays des Balkans. Certains des pays des Balkans sont ainsi  en première ligne dans la crise, situés sur la route qui conduit les migrants depuis la Turquie vers le nord de l'Union européenne.

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a convoqué le mini-sommet de Bruxelles afin d'"améliorer la coopération, la concertation et l'action opérationnelle pour gérer la crise des réfugiés", a expliqué vendredi le porte-parole de la Commission Margaritis Schinas. "Les pays ne peuvent pas transférer leurs responsabilités à leurs voisins. Seule une approche collective européenne et transfrontalière basée sur la coopération peut fonctionner", a-t-il déclaré.

Par un jeu de fermeture de frontières, les flux se croisent dans le sud-est de l'Union et la "route des Balkans" ne cesse d'évoluer ces derniers temps, de la Hongrie à la Croatie et à la Slovénie.

Les Balkans s'organisent

Serbie et Croatie commencent d'ailleurs à s'organiser: les ministres de l'Intérieur se sont accordés pour améliorer le transport des migrants et leur éviter de subir les intempéries, mettant en place des trains croates au départ de Sid, en Serbie, où les migrants arrivent du sud par autobus.

Un centre d'enregistrement et de transit sera mis en place pour l'hiver dans les dix prochains jours à la gare d'arrivée de Slavonski Brod, en Croatie, d'une capacité de 5.000 personnes. Les Croates tablent sur l'arrivée de quatre trains par jour, soit 6.000 personnes. "Plus de 300.000 personnes sont passées par notre pays depuis janvier et ils ont tous des documents pour poursuivre" leur voyage, a souligné le ministre serbe Nebojsa Stefanovic.

Son pays n'est pas membre de l'UE, mais a été invité dimanche, tout comme la Macédoine et huit Etats membres: l'Autriche, la Bulgarie, la Croatie, l'Allemagne, la Grèce, la Hongrie, la Roumanie et la Slovénie. Cette dernière, l'un des plus petits pays de l'UE, apparaît débordée alors que le flux de migrants - 50.400 personnes depuis le 17 octobre - s'est déporté sur ce territoire d'un peu plus de deux millions d'habitants après la fermeture de la frontière entre la Hongrie et la Croatie.

Migrants et réfugiés se réchauffent autour d'un feu de bois le 23 octobre 2015 à Gevgelija à la frontière entre la Macédoine et la Grèce [ROBERT ATANASOVSKI / AFP]
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Migrants et réfugiés se réchauffent autour d'un feu de bois le 23 octobre 2015 à Gevgelija à la frontière entre la Macédoine et la Grèce
 

Les pays qui se réunissent dimanche à Bruxelles pourraient s'engager à cesser de laisser passer les réfugiés chez leur voisin sans concertation, selon un projet d'accord dont font état des médias allemands. Cette proposition s'inscrit dans un catalogue de 16 mesures soumises par M. Juncker aux Etats appelés à participer au mini-sommet, ont indiqué vendredi le site internet de l'hebdomadaire Der Spiegel et la Frankfurter Allgemeine Zeitung à paraître samedi.

"Une politique consistant simplement à laisser passer les réfugiés dans le pays voisin n'est pas acceptable", déclare la proposition, qui prévoit des échanges quotidiens entre les pays signataires sur la situation des réfugiés. Les Etats concernés devraient "cesser de permettre le déplacement des réfugiés vers la frontière d'un autre pays de la région sans l'accord du pays concerné", ajoute le document.

Nouvel afflux record

M. Juncker a encouragé vendredi l'Allemagne dans sa politique d'accueil des réfugiés au moment même où l'UE enregistrait de nouvelles arrivées record. La chancelière Angela Merkel ne doit pas "se laisser dévier de son cap par les sondages", a déclaré M. Juncker dans un entretien au groupe de presse Funke-Mediengruppe.

La chancelière allemande, Angela Merkel, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker (d) et le polonais Donald Tusk (c), président du Conseil européen, le 22 octobre 2015 à Madrid, lors d'un congrès des conservateurs européens   [GERARD JULIEN / AFP]
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La chancelière allemande, Angela Merkel, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker (d) et le polonais Donald Tusk (c), président du Conseil européen, le 22 octobre 2015 à Madrid, lors d'un congrès des conservateurs européens
 

En Allemagne, la vague de mécontentement grossit de plus en plus contre la politique de la main tendue aux réfugiés de Mme Merkel, jusque dans son camp conservateur. Dans les sondages, sa popularité s'est érodée. Et les actes d'hostilité anti-migrants se sont multipliés, notamment contre des foyers de demandeurs d'asile. L'Allemagne s'attend à recevoir en 2015 entre 800.000 et un million de migrants, et le pays est censé accueillir le principal contingent des 160.000 réfugiés qui doivent être répartis entre les membres de l'UE. Selon un décompte de la Commission réalisé vendredi, les Etats n'ont jusqu'à présent proposé que 854 places. "Nous devons y arriver !": le slogan de la chancelière doit s'appliquer à toute l'Europe, martèle M. Juncker dans son interview.

Cependant, l'Allemagne va faire entrer en application dès samedi, une semaine plus tôt que prévu, une loi durcissant les conditions du droit d'asile face à l'afflux sans précédent de migrants. L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) annonçait encore vendredi l'arrivée de 48.000 migrants et réfugiés au cours des cinq derniers jours en Grèce, soit 9.600 personnes par jour en provenance de Turquie, un nombre record.

La Turquie a demandé à l'UE de remplir toutes ses promesses, dont une aide de trois milliards d'euros et la relance de son processus d'adhésion, avant qu'Ankara ne commence à mettre en oeuvre un plan d'action pour endiguer le flux de migrants vers l'Europe occidentale. L'ambassadeur de Turquie auprès de l'Union européenne, Selim Yenel, a souligné cette conditionnalité dans un entretien avec l'AFP.

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