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L'Europe veut reprendre sa souveraineté technologique et ne plus dépendre des États-Unis ou de la Chine

«Nous ne pouvons pas nous permettre de dépendre des autres pour les technologies», a estimé Henna Virkkunen. [Nicolas TUCAT / AFP]

La vice-présidente exécutive de la Commission européenne chargée du Numérique, Henna Virkkunen, a présenté, lors d'une conférence organisée à Bruxelles ce mercredi 3 juin, une série de mesures permettant à l'Union européenne de gagner une souveraineté numérique.

L'Europe réclame son indépendance numérique. Après des décennies de contrôle technologique marqué par les États-Unis et la Chine, l'Europe ne souhaite plus qu'un gouvernement ou une entreprise étrangère puisse activer un «bouton d'arrêt d'urgence» permettant de mettre à l'arrêt des services technologiques vitaux. L'annonce a été faite par Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive de la Commission européenne chargée du Numérique, lors d'une conférence organisée à Bruxelles ce mercredi 3 juin.

«Nous ne pouvons pas nous permettre de dépendre des autres pour les technologies qui assurent le bon fonctionnement de nos hôpitaux, la stabilité de nos réseaux énergétiques et la sécurité de nos services. Nous ne voulons pas nous retrouver dans une situation où quelqu’un disposerait d’un dispositif d’arrêt d’urgence pour débrancher nos services», a-t-elle déclaré.

Concrètement, cela signifie avoir une indépendance sur le «cloud computing» (les serveurs, les applications, les stockages de données...), sur les systèmes d'intelligence artificielle et la production de semi-conducteurs. Ces services sont principalement conduits par des géants américains et chinois comme Google, Microsoft, Amazon ou OpenAI. 

privilégier les centres de données européens 

L'Union Européenne dépend de fournisseurs étrangers pour plus de 80 % de ses produits et services numériques, de ses infrastructures et de sa propriété intellectuelle, rappelle Henna Virkkunen, dans des propos rapportés par le Guardian. Or, cela peut parfois mener à des conflits, comme en 2025, où la Chine a arrêté d'exporter des semi-conducteurs en Europe, après des désaccords avec les Pays-Bas.

Parmi les propositions, qui doivent encore être acceptées, Henna Virkkunen suggère aux états membres de l'UE d'évaluer les risques liés aux fournisseurs dans des domaines sensibles comme la défense, la justice et la gestion des frontières. Si les données sont conservées par des centres étrangers, il est préférable de les transférer vers des services européens.

Le projet de loi recommande également d'ordonner aux États-Unis de se plier aux règles de protection des données de l'UE. 

La Commission aimerait aussi accélérer la production de semi-conducteurs. L'Union européenne ne produit que 10 % des semi-conducteurs mondiaux. Cet investissement nécessiterait de débourser des milliards d'euros.

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