Le Brexit enfin en marche

Theresa May a annoncé que l'article 50 serait activé avant la fin mars 2017. [Adrian DENNIS / AFP]

Trois mois après le choc du vote britannique, le processus de sortie de l’Union européenne s’accélère, même si les détails restent flous.

Theresa May a posé ce dimanche la première pierre vers «un pays souverain et indépendant à nouveau». La Première ministre britannique Theresa May, nommée après la démission de David Cameron pour négocier le Brexit avec l’UE, a assuré que l’article 50 du traité de Lisbonne serait bien activé «avant fin mars l’an prochain».
 
 
La suite logique après le référendum du 23 juin, où le clan du «Leave» a récolté 51,9 % des suffrages, et le premier pas vers une sortie définitive du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Pas de retour en arrière pour le Royaume-Uni

 
Après le choc continental du vote organisé outre-Manche au début de l’été, de nombreuses voix se sont élevées pour avancer l’idée que le Brexit ne se ferait peut-être jamais, voire qu’un nouveau scrutin serait organisé (une pétition dans ce sens avait même recueilli plus de 4 millions de signatures). Et si Theresa May répétait depuis des semaines que «le Brexit c’est le Brexit», même Bruxelles commençait à s’impatienter et à vouloir un geste concret de Londres. Avec des pourparlers prévus pour durer deux ans, il était en effet important de se prononcer avant le printemps, sous peine de voir des candidats britanniques aux élections européennes de mai 2019.
 
 
Mais la nouvelle dirigeante conservatrice ne s’est pas arrêtée là. Elle a également annoncé la mise en place prochaine d’une nouvelle législation afin d’abroger le European Communities Act de 1972, transférant ainsi les lois européennes dans le système juridique britannique.
 
Surtout, l’ancienne secrétaire d’Etat à l’Intérieur a lancé le coup d’envoi des réflexions sur l’avenir de la relation entre Londres et les Vingt-Sept. Car si Bruxelles ne veut rien commencer avant la fameuse activation, le gouvernement britannique va devoir entamer de premières négociations informelles. Une obligation pour tenter de faciliter un divorce, qui s’annonce d’ores et déjà douloureux.
 

Deux scénarios : le Brexit «dur» et le Brexit «doux»

 
Passage obligé vers le Brexit, l’article 50 ne répond pas à la question que se pose chaque camp : dans quelles conditions les Britanniques vont-ils quitter l’UE ? Une interrogation dont la réponse reste encore floue. Au sein du Parti conservateur, deux visions s’opposent. Celle d’un Brexit «doux», plus long à mettre en place, mais qui permettrait au pays de rester dans le marché unique, quitte à laisser les frontières plus ou moins ouvertes aux immigrants européens.
 
Puis celle d’un Brexit «dur», plus rapide, qui dirait «good bye» au marché unique mais rendrait possible un véritable contrôle sur l’immigration, grande préoccupation des votants du 23 juin. Face à ces deux scénarios, le gouvernement devra faire un choix rapidement, sous peine d’inquiéter encore un peu les investisseurs, dont le plus grand souci a toujours été l’incertitude.

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