Donald Trump nomme un patron de fast-food au ministère du Travail

Andrew Puzder et Mike Pence Andrew Puzder (à droite) serrant la main du futur vice-président Mike Pence après une réunion avec Donald Trump le 19 novembre 2016[DREW ANGERER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP]

Donald Trump, qui entrera en fonctions le 20 janvier, continue de dévoiler les noms des membres de son futur gouvernement. Jeudi soir, c’est celui d’Andrew Puzder qui est tombé pour diriger le ministère du Travail.

Si, de notre côté de l’Atlantique, ce nom n’évoque rien de précis, Andrew Puzder est connu aux Etats-Unis pour diriger le groupe de fast-food CKE Restaurants, notamment détenteur des chaînes Carl’s Jr et Hardee’s. Au total, le millionnaire détient plus de 3 500 restaurants et franchises dans une quarantaine de pays.

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Andrew Puzder «va se battre pour apporter sécurité et prospérité aux salariés américains», a affirmé Donald Trump peu après la nomination du futur ministre du Travail. La promesse est louable, mais l’issue s’annonce incertaine. Car celui qui succédera au spécialiste des droits civiques Tom Perez s’est déjà fait remarquer à plusieurs reprises pour ses positions patronales.

Dernièrement, Andrew Puzder a par exemple défendu l’automatisation des postes avec, pour finalité, la réduction des coûts salariaux. Autre élément de contraste avec sa future bataille pour la sécurité et la prospérité des salariés, les convictions d’Andrew Puzder sur le salaire minimum laissent songeur. Le patron de CKE Restaurants est fermement opposé à ce que le SMIC local dépasse la barre des 8 dollars (7,5 euros) - contre 7,25 actuellement - là où Hillary Clinton et Bernie Sanders préconisaient respectivement 12 et 15 dollars de l’heure.  

Donald Trump garde le cap

Si la nomination d’un géant du fast-food à la défense des salariés peut paraître loufoque, elle aura du mal à surprendre les étatsuniens puisqu’elle ne fait guère que conforter le cap conservateur amorcé dès la campagne, et reste sur une certaine cohérence avec le reste de la liste.

Rappelons ainsi que Donald Trump a déjà désigné l’anti-avortement et opposant à l’Obamacare Tom Price au ministère de la Santé, ou encore le climato-sceptique Scott Pruitt à la tête de l’Agence de protection de l’environnement dans un contexte d’effort mondial pour réduire les émissions de CO2.

La future administration devrait également composer avec Stephen Bannon, ultraconservateur accusé de racisme, de sexisme ou encore de violences conjugales, comme «haut conseiller et chef de la stratégie». L’ancien général Michael Flynn, qui fait de la lutte contre le djihadisme une telle priorité qu’il en oublie parfois le concept d’amalgame («la peur de l’islam est rationnelle»), sera lui-aussi de la partie, au Conseil de la sécurité.

D'autres postes à pourvoir

Contrairement à ce que cette liste pourrait laisser croire, l’administration Trump ne sera pas composée uniquement d’hommes. Parmi les nominations du futur occupant de la Maison-Blanche, on retrouve également Linda McMahon, femme du célèbre catcheur Vince McMahon, à la gestion des PME.

D’autres postes restent à pourvoir, et d’autres noms (de PDG) sont à suivre. On attend par exemple Rex Tillerson, patron du géant pétrolier ExxonMobil, à la tête de la diplomatie américaine du futur gouvernement, ou encore Alan Mulally, ancien PDG du groupe Ford, au poste de secrétaire d’Etat.

A noter que les nominations, une fois annoncées par le prochain chef du gouvernement, doivent être validées par le Sénat, dominé par le parti Républicains dont Donald Trump porte les couleurs.

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