L'Ecosse pourrait expérimenter le revenu universel

Le conseil municipal de Glasgow et le conseil régional de Fife ont voté en mars dernier le principe d’une expérimentation locale au cours de l’année 2017. Le conseil municipal de Glasgow et le conseil régional de Fife ont voté en mars dernier le principe d’une expérimentation locale au cours de l’année 2017. [MONEY SHARMA / AFP]

Un petit salaire, à vie, à tous, sans conditions : c'est le principe qui pourrait être appliqué dans le pays au cours de l'année.

Alors que la Finlande est devenue le 1er janvier le premier pays européen à expérimenter à l'échelle nationale le revenu universel de base pour chaque citoyen, l’Ecosse est aujourd’hui en passe de devenir le premier territoire du Royaume-Uni à tester grandeur nature ce concept aux tendances révolutionnaires. Le conseil municipal de Glasgow et le conseil régional de Fife ont en effet voté, en mars dernier, le principe d’une expérimentation locale au cours de l’année 2017.

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Si, pour être mené à bien, le projet doit désormais recevoir l’aval de Westminster, palais où siègent les deux chambres du Parlement britannique, le processus est en bonne voie : le Parti national écossais, qui a voté une motion de soutien au revenu universel, pourrait bien faire pression. D’autant plus si le «oui» l’emporte lors de l’éventuel prochain référendum pour l’indépendance de l’Ecosse, réclamé au lendemain du Brexit.

Emanciper de l'emploi et transformer les relations individu-Etat

L’objectif d’un tel pécule sans avoir à lever le petit doigt ? Fournir une source d’argent minimum qui permette à tous – quel que soit leur salaire, leurs aides sociales ou encore leur patrimoine – de construire leur vie sans pression pécuniaire. Et ainsi choisir de gagner plus, d’étudier, de devenir bénévole ou de monter une start-up. Grosso modo, émanciper de l’emploi tout en favorisant l’activité.

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Un projet défendu notamment par le conseiller municipal de Glasgow Matt Kerr : «C’est une question de solidarité : cela signifie que tout le monde est estimé et que le gouvernement vous soutient. Une telle mesure transformerait les relations entre l’individu et l’Etat, qui se délitent de plus en plus.»

L'enjeu du financement

Deux questions cruciales demeurent : combien devraient toucher les individus et comment financer une telle mesure ? Selon l’élu de Glasgow, la somme devrait être fondée sur le salaire minimum existant. Quant à la prise en charge d’une telle mesure, elle pourrait venir d’un report des dépenses d’aides sociales existantes, doublé d’un effort plus soutenu de la part de l’Etat.

Si le projet est loin de voir le jour, le débat sur l’instauration d’un revenu de base fait aujourd’hui son chemin dans l’Hexagone, avec notamment Benoît Hamon, seul candidat à la primaire de la gauche à proposer de faire bénéficier les Français d'un revenu universel, «instrument incroyable de redistribution» selon lui. L'ancien ministre propose de mettre en place ce salaire à vie, à hauteur de 750 euros par mois (530 euros dans un premier temps) pour tous les citoyens majeurs, qu'ils travaillent ou non. Un projet chiffré à 300 milliards d'euros par an, selon ses estimations.

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