Theresa May fragilisée

La Première ministre britannique, Theresa May. La Première ministre britannique, Theresa May.[BEN STANSALL / POOL / AFP]

Les législatives à venir devaient être une simple formalité pour la Première ministre britannique Theresa May. Mais la situation se révèle bien plus complexe.

La fin des certitudes. Lorsque la Première ministre britannique Theresa May a convoqué, le 18 avril dernier, des législatives anticipées, son objectif était clair : renforcer sa majorité, pour se lancer dans les négociations sur le Brexit les mains libres. A l’époque, la victoire des Tories, crédités de plus de vingt points d’avance dans les sondages, ne faisait aucun doute. 

Mais à deux jours du scrutin, les perspectives de la dirigeante semblent beaucoup plus incertaines. Celle-ci a dû faire face à une campagne agitée sur le plan politique, interrompue à deux reprises par des attentats meurtriers. Des drames qui pourraient peser sur les résultats de jeudi prochains.

Une menace inédite

L’attaque terroriste qui a fait sept morts, samedi, à Londres, est la troisième en moins de trois mois au Royaume-Uni. Un niveau de menace inhabituellement élevé pour le pays, qui n’avait plus été touché depuis 2005. 

Or, si le sentiment d’insécurité favorise souvent la droite, perçue comme garante de l’ordre, la situation britannique est particulière. Les conservateurs de Theresa May sont en effet au pouvoir depuis 2010, et n’ont pas empêché la menace de s’aggraver. 

Pour leurs détracteurs, ils sont même en partie responsables, ayant réduit les effectifs des forces de l’ordre. Après l’attentat qui a endeuillé sa ville le 22 mai, le maire de Manchester a ainsi rappelé que 2 000 postes de policiers avaient été supprimés dans sa municipalité. 

Les leaders travailliste, Jeremy Corbyn et libéral-démocrate, Tim Farron, ont en outre rappelé que Theresa May avait été la secrétaire d’Etat à l’Intérieur de David Cameron, et qu’elle avait à ce titre conduit la réforme de la police.

Des arguments qui pourraient être fatals à la Première ministre, dont le parti ne devance plus le Labour que de six points, à 43 % contre 37 % des intentions de vote, dans les sondages. 

Une projection YouGov publiée la semaine dernière par le Times suggère même que les Tories, qui disposent actuellement de dix-sept sièges d’avance au Parlement, puissent perdre leur majorité absolue jeudi.

Des ratés de campagne

Au-delà de la menace terroriste, Theresa May est mise en difficulté par une série de polémiques. Son plan de réforme des aides sociales aux personnes âgées a suscité une controverse. En outre, le «Brexit dur» qu’elle réclame est loin de faire l’unanimité parmi les Britanniques.

Enfin, elle pâtit de la dynamique positive de Jeremy Corbyn. Le travailliste grimpe dans les sondages depuis qu’il s’est lancé dans une campagne anti-austérité, promettant de nationaliser les chemins de fer et d’investir dans les écoles et les hôpitaux.

Longtemps pris de haut par ses pairs, y compris dans son propre parti, il semble constituer une menace sérieuse pour la Première ministre. 

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