En couple, deux joueuses de l'équipe de foot du Mexique s’exilent en Islande

Stephany Mayor, lors d'un match opposant le Mexique à la Jamaïque le 21 octobre 2014.[Patrick McDermott / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP]

Bianca Sierra, 25 ans, et Stephany Mayor, 26 ans, se sont envolées à plus de 7.000 kilomètres du Mexique pour pouvoir vivre leur amour.

Les deux Mexicaines ont choisi l'Islande pour continuer à deux leur carrière sportive. Elles jouent maintenant pour l'équipe Thór-KA, basée à Akureyri, dans le nord du pays. Là-bas, les joueuses ont très vite été adoptées, leur coach qualifiant Bianca Sierra de «machine» et louant l'intelligence de jeu de Stephany Mayor, raconte le New York Times.

L'été dernier, les deux premières athlètes mexicaines ouvertement homosexuelles ont décidé de faire leur coming-out en publiant des photos sur Twitter et Instagram. C'est à ce moment-là qu'ont commencé les insultes et les menaces de mort sur les réseaux sociaux. Elles ont été surprises par les commentaires haineux tels que : «Vous me dégoûtez, chez moi on vous aurait brûlé.»

«Je ne veux pas vous voir vous tenir les mains»

Selon les deux footballeuses, leur entraîneur leur avait auparavant imposé de cacher qu'elles étaient en couple. Alors que les deux femmes assurent qu'elles n'ont jamais dissimulé leur sexualité à leur famille ni à leurs coéquipières, elles rapportent une scène qui s'est déroulée lors des matchs de préparation pour le Mondial de 2015.

Lors d'un entretien avec ses joueuses, Leonardo Cuéllar, sélectionneur de l'équipe féminine du Mexique depuis 1998, aurait déclaré : «Je me fiche de savoir si vous sortez ensemble ou non, mais je ne veux pas vous voir vous tenir les mains.» Bien que le coach n'ait pas prononcé les noms de Mayor et Sierra, toutes les personnes réunies savaient qu'elles étaient les deux visées puisqu'elles étaient les seules à être en couple. Deux de leurs coéquipières ont anonymement confirmé que cette scène avait bien eu lieu.

Le Mexique épinglé pour des chants homophobes

«C'est diffcile d'imaginer qu'une telle chose puisse arriver aux États-Unis, déclare Bianca Sierra. «Quand les Américaines ont gagné la Coupe du monde, Abby Wambach a embrassé sa femme sur les terrain. C'est quelque chose de normal.»

La situation n'est pas la même au Mexique. La fédération mexicaine de football a été épinglée à plusieurs reprises par la FIFA pour un cri homophobe entonné régulièrement par le public lors des matchs. Ce «Eeeeh puto», que l'on peut traduire par «Eeeeh pédé», vaut à la fédération de multiples amendes, comme le rapporte Slate.

 

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