Harvey, Irma, Maria... Le climat déréglé ?

L'ouragan Maria a frappé mardi 19 septembre 2017 la Guadeloupe. L'ouragan Maria a frappé mardi 19 septembre 2017 la Guadeloupe.[Cedrik-Isham Calvados / AFP]

Une succession inédite de phénomènes météorologiques extrêmes frappe l’Atlantique. Les premiers signes du réchauffement ?

À peine le confinement est-il levé qu’une nouvelle tempête se profile. Depuis le 25 août, les Caraïbes et la façade atlantique des Etats-Unis ont été confrontées au passage de plusieurs phénomènes météo, dont quatre ouragans majeurs, c’est à dire de niveau 3 ou plus sur l’échelle internationale en vigueur. Le dernier en date, Maria, a été classé catégorie 5, la plus élevée, à l’instar d’Irma, survenu dix jours plus tôt.

Cette succession de catastrophes, qui a fait des dizaines de morts et causé d’énormes dégâts, pourrait être fortement liée au réchauffement climatique.

Un phénomène parti pour durer

Au Texas, jamais une telle pluviométrie n’avait été enregistrée avant Harvey. À Barbuda, la totalité des habitants a été évacuée après Irma. Si la région est habituée aux cyclones, une telle intensité avait rarement été atteinte. 

«Un ouragan de catégorie 5 est en soi exceptionnel, le fait qu’ils surviennent en série est encore plus rare», explique Sabrina Speich, professeur à l’École normale supérieure. Pour elle, cette situation s’explique notamment par la température anormalement élevée de la surface de l’océan. «On parle beaucoup de l’atmosphère, mais 93 % du surplus d’énergie produit par l’activité humaine est capturé dans l’océan, ce qui vient augmenter sa température», souligne la scientifique.

Mais ce n’est pas le seul facteur de déclenchement des ouragans majeurs : il faut aussi prendre en compte les vents, qui présentent cette année des conditions favorables à l’émergence de cyclones. Ainsi, même avec une température à la surface de la mer aussi élevée, il n’est pas certain que de tels ouragans se produiront à nouveau l’an prochain. 

Néanmoins, selon Robert Vautard, chercheur au CNRS, «les cyclones devraient être plus intenses dans le futur, notamment en termes de pluviométrie, car l’air devient plus chaud et peut donc contenir davantage de vapeur d’eau». Ils devraient également être plus destructeurs, du fait de la hausse du niveau de la mer, qui rend les zones côtières plus vulnérables.

«Le pire est devant nous», a ainsi affirmé le ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot, après le passage d’Irma à Saint-Barth et Saint-Martin.

D’autres signaux inquiétants

Mais ces ouragans ne sont pas les seules répercussions du réchauffement climatique. Au-delà de l’Atlantique, d’autres phénomènes alarmants s’observent à travers le monde : en Asie du Sud-Est, la mousson, qui a atteint cette année des niveaux record, a déjà tué plus d’un millier de personnes. En Afrique, des coulées de boues massives sont survenues à la suite de pluies diluviennes, tandis que dans d’autres régions, la sécheresse s’est intensifiée. 

Sans oublier, rappelle Robert Vautard, que «si les conséquences du réchauffement sont particulièrement marquantes lors d’événements extrêmes, elles sont aussi inscrites dans notre quotidien, à travers les vagues de chaleur». Un ensemble de signaux qui rappelle l’urgence de la préservation du climat.

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