Etats-Unis : un élu anti-IVG voulait faire avorter sa maîtresse

Il n'est pas le premier républicain anti-avortement à se retrouver au milieu d'un scandale d'hypocrisie sur le sujet. [AFP]

Le parlementaire républicain américain Tim Murphy a annoncé mercredi qu’il ne se représenterait pas à un nouveau mandat, alors qu’il se trouve au milieu d'un scandale d'hypocrisie sur le sujet de l'IVG, lui qui est fermement contre.

Le scandale a éclaté mardi quand le Pittsburgh Post-Gazette, un journal local de Pennsylvanie, a découvert et rendu public un message envoyé le 25 janvier dernier par sa maîtresse. Dans les SMS, le parlementaire, qui croyait cette dernière enceinte, insiste pour que cette psychologue du nom de Shannon Edwards, avec qui il s'était lié en travaillant sur un projet de loi, avorte.

«Tu n'as aucun problème à afficher partout une position pro-vie (anti-avortement, ndlr) alors que ça ne te posait pas de problème de me demander d'avorter encore la semaine dernière», écrit la femme.

Retraite anticipée pour le Républicain

Agée alors de 32 ans, la jeune femme pensait, à tort, être enceinte du politicien qui a le double de son âge. «Je comprends ce que tu dis sur mes messages à propos de la Marche pour la Vie», lui a-t-il répondu, par SMS. «Je ne les ai jamais écrit. C'est mon équipe qui le fait. Je les ai lu et ça m'a fait sourciller. J'ai dit à mon équipe de ne plus en écrire.»

La veille, il avait écrit sur Facebook : «Les États-Unis sont un des sept pays au monde qui permettent l'avortement volontaire à plus de la moitié de la grossesse (au-delà de 20 semaines). C'est une honte tragique que l'Amérique mène le monde pour ce qui est de rejeter et négliger les plus vulnérables.»

Mais les révélations du journal local l’ont poussé à prendre une retraite anticipée. «Après en avoir parlé avec ma famille et mes collaborateurs, j'ai pris la décision de ne pas me représenter au Congrès à la fin de mon mandat», a-t-il déclaré mercredi dans un communiqué au quotidien.

Il n'est pas le premier républicain anti-avortement à se retrouver au milieu d'un scandale d'hypocrisie sur le sujet. Un de ses collègues, Scott DesJarlais, avait incité son ex-femme et une maîtresse à avorter dans les années 2000, selon plusieurs médias. Les deux hommes, comme la quasi-totalité de la majorité républicaine, ont voté mardi en faveur d'une nouvelle proposition de loi visant à interdire les avortements au-delà de la 20e semaine de grossesse.

À suivre aussi

Ailleurs sur le web

Derniers articles