Selon le FMI, taxer les riches réduit les inégalités sans impacter la croissance

Le FMI pointe la tendance à réduire les impôts des 1% les plus riches. [PHILIPPE HUGUEN / AFP]

Taxer davantage les plus riches aiderait à réduire les inégalités sans pour autant avoir un impact négatif sur la croissance, a estimé le FMI.

L'institution contredit ainsi a fameuse théorie du «ruissellement», selon laquelle la réduction de la fiscalité pour les riches aurait un impact positif pour l'ensemble de l'économie. 

Pour en arriver à cette conclusion, le FMI s'est basé sur son étude bi-annuelle de la fiscalité dans le monde, comme le rapporte le Guardian. «Les résultats empiriques ne confirment pas cet argument (que taxer les plus riches pénalise la croissance), du moins si les niveaux de progressivité ne son pas excessifs», a expliqué l'institution de Washington. 

Le rapport du FMI estime également que les réductions d'impôts pour les 1% les plus riches ont été trop importantes à travers le monde, pointant notamment la politique fiscale promue par Donald Trump aux Etats-Unis.

Entre 1981 et 2015, le niveau le plus élevé d'impôts dans les pays de l'OCDE a ainsi chuté de 62% en moyenne à 35%, a également souligné Vitor Gaspar, responsable du département des affaires fiscales au FMI. Ajoutant que la réalité est encore plus inquiétante, les plus riches ayant accès à des stratégies pour payer moins d'impôts, comme l'exil fiscal. 

Le FMI préconise des politiques plus favorables aux pauvres

L'institution souligne que les économies occidentales les plus dévelopées ont vu les inégalités de revenus augmenter de manière alarmante durant les trois dernières décennies, notamment en raison de la hausse de la richesse de ces 1%.

Le FMI, qu'on ne peut pourtant pas soupçonner d'antilibéralisme, conclut également qu'il est nécessaire de mettre en place des politiques plus favorables aux plus pauvres. «Malgré des progrès, les écarts en matière d'accès à une éducation de qualité et aux services de santé entre les différents groupes (en matière de revenus) de la population demeurent dans de nombreux pays», estiment les experts.

«Dépenser mieux l'argent public peut aider, par exemple, à réequilibrer les dépenses dédiées à l'éducation ou à la santé des riches vers les pauvres, tout en maintenant le niveau global en matière de qualité des services offerts», explique Vitor Gaspar.

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