La Suisse mise sur le Bitcoin et les cryptomonnaies

La Suisse pourrait devenir une «crypto-nation» majeure.[JACK GUEZ / AFP]

Le pays des banques est en train de devenir le paradis du Bitcoin et des cryptomonnaies. La Suisse a lancé une série de mesures qui pourrait contribuer à en faire une «crypto-nation» majeure.

Le ministre suisse de l’Economie, Johann Schneider-Ammann, a ainsi récemment fait part aux journalistes de la volonté de la Suisse de développer les cryptomonnaies. Une déclaration qui contraste avec la méfiance dont font preuve de nombreux pays, comme la France, vis-à-vis des cryptomonnaies.

Le canton de Zoug est ainsi désormais surnommé la «Crypto Valley». La fondation Ehtereum, qui promeut la deuxième cryptomonnaie la plus importante après le Bitcoin, y a notamment installé ses quartiers, alors que près d'un quart des ICO's (initial coin offering, sorte de crowdfunding qui permet aux premiers investisseurs d'obtenir des cruyptomonnaies), y ont eu lieu, selon le cabinet PwC.

La liste des entreprises spécialisées dans les cryptomonnaies, attirées par une fiscalité avantageuse, est désormais longue : Bitcoin Suisse, un fournisseur de services financiers spécialisé, MNE, un cabinet d’avocats faisant référence dans le secteur, ou encore le siège de l’association suisse du Bitcoin, l’une des plus anciennes au monde. 

Et dès 2016, comme le rappelle le magazine Capital, la municipalité de Zoug avait été la première au monde à accepter les paiements en Bitcoin pour obtenir des documents administratifs.

Le Bitcoin, un nouveau filon pour la Suisse

Les analystes rappellent que, depuis plus de 200 ans, la finance suisse exploite le secret bancaire à des fins commerciales. Mais la concurrence est désormais rude dans ce domaine, et la Suisse pourrait avoir trouvé dans les cryptomonnaies un moyen de se renouveler. Olga Feldmeier, PDG de la start-up blockchain Smart Valor, l'explique : «La Suisse était un refuge pour les riches et les puissants du monde entier pour protéger leurs richesses pendant les guerres et les instabilités. À mesure que ce concept disparaît, la question de la redéfinition de l'avantage concurrentiel clé émerge».

Bien que la Suisse domine toujours le secteur bancaire pour les plus riches du monde, sa part de marché dans les opérations bancaires «secrètes» commence en effet à diminuer. Le pays peut encore se targuer de 6,8 milliards de dollars (soit 5,4 milliards d'euros) d'actifs sous gestion, ce qui est bien inférieur à son sommet de 2007 où, selon un rapport du groupe bancaire suisse, 9,1% des actifs globaux sont arrivés en Suisse à plus de 10 milliards de dollars (8 milliards d'euros). Ce chiffre est d'autant plus étonnant que son produit intérieur brut n'était que de 477 milliards de dollars (383 milliards d'euros) la même année.

Le site britannique Express.co.uk ajoute que si les banques suisses UBS et Credit Suisse sont des géants de la finance mondiale, toute l'industrie est en retrait après que les États-Unis ont lancé une enquête en 2008 sur la façon dont les banques suisses aidaient leurs clients à échapper au fisc américain.

Les cryptomonnaies pourraient ainsi permettre à la Suisse de se démarquer de la concurrence, et de connaître une nouvelle jeunesse en tant que paradis économique. 

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