Tout savoir sur Andrea Nahles, la nouvelle présidente du SPD

Il reviendra à Andrea Nahles de recoller les morceaux dans une formation très divisée. Il reviendra à Andrea Nahles de recoller les morceaux dans une formation très divisée. [© DANIEL ROLAND / AFP]

Pour la première fois en 154 ans d'existence, le parti social-démocrate allemand va placer une femme à sa tête. Andrea Nahles, 47 ans, a été élue dimanche présidente du SPD avec 66 % des voix.

Elle remplace Martin Schultz, porté à la tête du parti en mars 2017, avant de le conduire à sa plus cuisante défaite électorale le 24 septembre et d'être poussé sans ménagement vers la sortie en février par ses «camarades». Il reviendra à Andrea Nahles de recoller les morceaux dans une formation très divisée, qui s'est embarquée à contre-cœur dans une troisième «grande coalition» avec la chancelière Angela Merkel. «Je crois que je peux» le faire, a-t-elle lancé.

Figure nationale de l'aile gauche

Après avoir intégré le SPD en 1988, Andrea Nahles prend les rênes d'unes des fédérations des Jeunes sociaux-démocrates (Jusos) dans l'Etat de Rhénanie-Palatinat. Rapidement, elle s'impose comme une figure nationale de la gauche allemande. Après avoir été la présidente fédérale des Jusos pendant neuf ans, elle fonde, en 2000, le «Forum démocratique de gauche 21», qui rassemble alors 2.000 personnes de l'aile gauche du parti. 

En 2005, son succès à l'élection au poste de secrétaire générale fédérale incite le président fédéral du SPD, Franz Mütefering, à renoncer à sa propre succession. Se montrant toujours très critique envers les politiques libérales mises en place par Gerhard Schröder, elle a qualifié l'ancien Chancelier et président du SPD «d'engin de démolition du programme social-démocrate».

Secrétaire générale du SPD jusqu'en 2014, elle prend la tête en 2013 du ministère fédéral du Travail et des Affaires sociales. Pendant quatre ans, elle s'attache à défendre les droits des travailleurs tout en tentant d'éviter de se mettre à dos les chefs d'entreprises.

A l'origine du salaire minimum

C'est notamment grâce au combat d'Andrea Nahles que le salaire minimum a vu le jour en Allemagne, alors même que le pays avait toujours privilégié les conventions collectives par secteur. «Le travail ne sera plus bradé, nous lui rendons sa valeur», a-elle déclaré à cette occasion.

Dans son discours, dimanche, elle a promis de lutter pour davantage de justice sociale en Allemagne, se félicitant d'avoir brisé le plafond de verre du SPD. «La solidarité est ce qui manque le plus dans ce monde globalisé, néo-libéral et ultra-numérisé», a-t-elle affirmé.

«Tempérament volcanique»

Andrea Nahles est aussi connue pour ne pas mâcher ses mots. Mon père «a atteint l'âge de 73 ans, avec les épaules, le dos et les genoux cassés. Et quand j'entends je ne sais quel cul de plomb de professeur parler de retraite à 70 ans, alors ça me met vraiment en rogne!», avait-elle fait savoir à des détracteurs de sa réforme.

Après les législatives, celle que le journal populaire Bild a qualifiée – peut-être pour sa propension à jurer –, de «seul vrai mec du SPD» avait promis aux conservateurs de leur «en mettre plein la gueule». «J'ai un tempérament peut-être un peu volcanique», reconnaît-elle dans un entretien au quotidien Süddeutsche Zeitung samedi.

Divorcée, partiellement handicapée de la hanche après un accident de voiture, elle fait régulièrement les allers et retours entre Berlin et son village de Weiler, dans l'Ouest du pays, pour retrouver sa fille, dont s'occupe sa mère. Dans un livre autobiographique en 2009, elle s'est présentée aussi en provinciale, fervente catholique, qui n'aime rien autant que sa famille.

À suivre aussi

Ailleurs sur le web

Derniers articles