Dix ans après sa libération, que devient Ingrid Betancourt ?

L'ex-otage des Farc, à Paris, en octobre 2016. [MIGUEL MEDINA / AFP]

Candidate à la présidentielle à Bogota, la Franco-colombienne est enlevée par les Farc, une guérilla marxiste, le 23 février 2002. Détenue captive dans la jungle amazonienne, elle est libérée, avec quatorze autres otages, par l'armée nationale colombienne le 2 juillet 2008. Dix ans après sa médiatique libération, que devient Ingrid Betancourt ?

Difficile reconstruction

«J'avais perdu mes enfants quand ils étaient encore petits, Lorenzo avait 13 ans et Mélanie en avait 16, et j'ai retrouvé des adultes. Titanesque reconstruction aussi parce que j'ai perdu mon père, donc j'ai retrouvé ma mère veuve et plus âgée», s'était ainsi confiée Ingrid Betancourt en mars 2012 à Europe 1.

Et d'ajouter :«Titanesque reconstruction aussi parce que j'ai perdu mon mari, mon partenaire de vie, et j'ai perdu aussi mon travail».

En 2010, soit deux années après avoir été relâchée par les Farc, Ingrid Betancourt avait raconté sa captivité dans un récit intime «Même le silence a une fin».

Dans cette réflexion sur la condition des damnés, l'ex-otage expliquait, que même privée de ses libertés les plus élementaires (se nourrir, boire, se lever, parler...), ses geôliers n'étaient pas parvenus à lui ôter sa capacité de «décider qui l'on veut être».

La théologie, une nouvelle passion

Depuis 2011, elle a élu domicile à Oxford en Angleterre, où elle a suivi des études de théologie. Un rêve nourri pendant sa captivité, a-t-elle expliqué.

Pourquoi ce choix ? «Pour les mêmes raisons que celles qui m'ont poussée à faire de la politique : pour améliorer le monde», a-t-elle dit au Monde.

Elle prodigue désormais des conseils pour affronter l'adversité et vaincre ses peurs, dans des conférences, comme ici à TedX.

Ingrid Betancourt s'était d'ailleurs déjà confiée sur sa foi, comme à Libération en 2014. Si elle se définissait avant son enlèvement comme «excessivement croyante», elle dit avoir «rencontré Dieu, ou plutôt il m'a rencontrée», durant sa captivité.

En outre, l'ex-otage a commis un roman, très empreint de spiritualité. Dans «La ligne bleue» (2014), elle se penche sur le destin d'une jeune Argentine qui se rébelle contre la dictature des années 1970 et qui possède des dons de voyance.

Nouveaux combats

Ancienne sénatrice, Ingrid Betancourt est toujours animée par les combats et la chose politique, et à ce titre, elle a récemment soutenu, la résistance iranienne :

«On ne peut que soutenir ceux qui se battent contre une dictature, un régime corrumpu, qui exporte le terrorisme partout dans le monde, et qui est en plus un régime misogyne, qui a fait de la femme un citoyen de deuxième classe», a-t-elle déclaré au micro d'Europe 1, le 30 juin dernier.

Cependant, si elle assurait en 2012 ne pas être prête à reprendre la politique en Colombie, elle n'a pas hésité à afficher son soutien au candidat Gustavo Petro (gauche indépendante) à la présidentielle de juin 2018.

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