Le Canada utilise des sites généalogiques pour le renvoi de migrants

Illustration - le gouvernement canadien utiliserait des tests d'ADN et des sites généalogiques pour établir la nationalité de migrants placés en rétention.[JOHANNES EISELE / AFP]

Selon des déclarations de la police des frontières, ce lundi, le gouvernement canadien utiliserait des tests d'ADN et des sites généalogiques pour établir la nationalité de ressortissants étrangers placés en rétention avant de décider de leur éventuel renvoi du pays.

Ces techniques ne seraient utilisées que dans des cas extrêmes. Notamment celui d’un demandeur d’asile, arrivé au Canada en 2011 avec un faux passeport français et qui prétendait être originaire de Guinée, pays qui l’a finalement refoulé quand le Canada a tenté de l’y renvoyer, en 2013.

 «L'ASFC utilise les tests d'ADN afin de déterminer l'identité des personnes détenues à long terme après avoir épuisé toutes les autres ressources d'enquête», a ainsi expliqué Jayden Robertson, porte-parole de l'Agence des services frontaliers du Canada (AFSC).

«Les tests d'ADN aident l'ASFC à déterminer l'identité en fournissant des indicateurs sur la nationalité, ce qui nous permet de concentrer nos recherches sur certains pays», a-t-il ajouté.

L'Agence assure obtenir le consentement des ressortissants avant de soumettre leurs renseignements à des sites internet d'ADN. Une affirmation cependant remise en question par Jared Will, un avocat de Toronto représentant plusieurs ressortissants qui ont subi des tests d'ADN.

«D'après mon expérience, l'ASFC fait ces demandes aux détenus qui, en cas de refus, sont accusés de ne pas coopérer aux efforts en vue de leur renvoi. Ce refus de coopérer est ensuite invoqué comme justification pour leur détention prolongée», a-t-il ainsi déclaré à l'AFP.

D'autres critiques soulignent que l'origine ethnique d'une personne n'est pas gage de sa nationalité.

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