La créatrice de #BalanceTonPorc réagit aux allégations contre Asia Argento, figure de proue du mouvement

Sandra Muller refuse cette injonction à l'exemplarité envers les victimes d'agressions. «La victime peut aussi être prédateur», argue-t-elle ainsi. [BERTRAND GUAY / AFP]

Une accusation peut-elle ruiner un mouvement ? Interrogée par France Info sur les répercussions de l'accusation d'agression sexuelle à l'encontre d'Asia Argento, fer de lance du mouvement #Metoo et elle-même victime présumée d'Harvey Weinstein, la créatrice de #BalanceTonPorc, la journaliste Sandra Muller, a tenu à mettre les choses au clair.

«Il ne faut pas être dupe. (...) Le fait que cela arrive en pleine instruction du procès Weinstein pose question», avance ainsi Sandra Muller, qui interroge d'abord la temporalité de cette allégation, en même temps que le «statut», qui incombe aux victimes d'agression sexuelle. Elle affirme donc : «la victime peut aussi être prédateur».

Dans les réactions d'internautes parfois cyniques et violentes quant à l'accusation contre Asia Argento, la journaliste y voit une façon d'essayer de décrédibiliser l'ensemble des femmes des mouvements #Metoo et #BalanceTonPorc.

«Ca n'arrêtera pas une révolution en marche»

Et considère ainsi que «tout le monde a des dossiers».

«S'ils cherchent, ils vont trouver des femmes qui ont pris de la drogue, qui ont fait de l'évasion fiscale, qui ont donné une gifle un peu trop fort à leurs enfants», abonde-t-elle. 

Sandra Muller pense en outre qu'il y aura «toujours les mêmes hargneux (...) pour pour dire que les victimes ne sont pas des victimes». Pour elle, il faut surtout distinguer Asia Argento d'Harvey Weinstein.

«Asia Argento n'a jamais prétendu être parfaite, elle a même fait un film autobiographique qui fait état de sa sexualité débridée. (...) Je ne la défends pas, mais il n'y a pas d'accusation de viol et il n'y a qu'une personne qui se plaint, face aux plus de 80 personnes qui ont dénoncé Weinstein publiquement.»

Pour autant, la créatrice de #BalanceTonPorc ne pense pas que cette accusation d'harcèlement sexuel viendra contraindre la libération de parole des femmes. «Ca n'arrêtera pas une révolution en marche», insiste-t-elle.

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