Les compagnies aériennes rallongent les trajets pour donner l'impression d'être à l'heure

Plus de 8 vols sur 10 ont vu leurs durées augmenter en dix ans sur RyanAir. Plus de 8 vols sur 10 ont vu leurs durées augmenter en dix ans sur RyanAir.[PASCAL PAVANI / AFP]

La majorité des trajets aériens ont vu leurs durées affichées augmenter en une décennie, en dépit d'avancées technologiques qui auraient dû les réduire.

C'est la conclusion d'une enquête du magazine de voyage britannique «Which? Travel», qui accuse les compagnies d'allonger les temps de vol affichés de manière à se prémunir contre d'éventuels retards, qui les obligent à payer des indemnités.

Concrètement, la durée annoncée d'un Londres-New York sur British Airways a ainsi augmenté de 20 minutes, tandis que celle d'un Londres-Newark (New Jersey) sur Virgin Atlantic dépasse de 35 minutes celle d'il y a dix ans. 

Des délais similaires ont été constatés sur la majorité des compagnies testées par le magazine, notamment pour 87% des vols British Airways, 82% des vols RyanAir et 62% des vols easyJet. 

Un phénomène qui explique, selon l'enquête, la promesse récurrente des pilotes d'avions qui, après s'être excusés d'un départ décalé, annoncent qu'ils vont «tenter de rattraper ce retard en vol». En réalité, ce délai, s'il ne dépasse pas une demie heure, avait été anticipé par la compagnie, si bien qu'en volant à la vitesse prévue, l'appareil atterrira à l'heure dite. 

À l'inverse, si le vol ne souffre d'aucun retard au démarrage, les passagers seront retenus inutilement dans l'avion au sol quelques minutes avant le décollage et quelques minutes après l'atterrissage, de manière que leur horaire d'arrivée corresponde à leur billet. 

Cette stratégie a été confirmée au magazine par le professeur de management en transport aérien Keith Mason, mais niée par les compagnies. Celles-ci affirment en effet que cet allongement des trajets est dû à un ralentissement des vols pour économiser du carburant.  

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