En direct, menace de guerre Russie-Ukraine : la CEDH appelle Moscou à assurer un «traitement médical approprié» aux marins ukrainiens

Faut-il s'inquiéter d'une menace de «guerre totale», comme l'envisage le président ukrainien ? Depuis l'incident naval en mer d'Azov, le risque d'un nouvel affrontement militaire, le premier depuis l'annexion de la péninsule criméenne en 2014, entre l'Urkaine et la Russie est bien réel. Suivez la situation en direct.

Mardi 4 décembre

18h00

La Cour Européenne des droits de l'Homme (CEDH) a appelé Moscou à assurer un «traitement approprié» aux marins ukrainiens dont les navires ont été arraisonés par la marine russe en mer d'Azov. 

Saisie par Kiev selon une procédure d'urgence, la Cour a demandé au gouvernement russe de «veiller à ce que les personnes en captivité reçoivent un traitement médical approprié [...], y compris celles qui auraient pu être blessées dans l'incident naval» du 25 novembre. 

VENDREDI 30 NOVEMBRE

13H55

Donald Tusk, le président du Conseil européen, s'est dit «sûr» que les sanctions de l'Union européenne contre la Russie seraient reconduites en décembre, après l'escalade déclenchée par Moscou en mer d'Azov. 

«L'Europe est unie dans son soutien à la souveraineté de l'Ukraine», a-t-il affirmé lors d'un point presse avant l'ouverture du G20 à Buenos Aires. 

10H11

L'Ukraine a limité l'accès à son territoire des hommes russes âgés de 16 à 60 ans, a annoncé le chef du service ukrainien des gardes-frontières. "Aux points d'entrée, le renforcement des mesures de contrôle est entré en vigueur. A partir d'aujourd'hui, l'entrée est limitée pour les étrangers, en premier lieu les citoyens de la Fédération de Russie âgés de 16 à 60 ans de sexe masculin", a-t-il déclaré lors d'une réunion dédiée à la sécurité diffusée à la télévision.

07H38

Le Kremlin "regrette" l'annulation par Donald Trump de la rencontre prévue au sommet du G20 entre le président américain et son homologue russe Vladimir Poutine, a annoncé dans la nuit de jeudi à vendredi le porte-parole de la présidence russe. "Nous regrettons la décision de l'administration américaine d'annuler la rencontre prévue des deux présidents à Buenos Aires", a-t-il déclaré, cité par l'agence de presse officielle russe TASS.

Jeudi 29 novembre, 13h56

Les deux ports ukrainiens de Berdiansk et Marioupol, sur le mer d'Azov, sont sous blocus russe, les navires ne pouvant ni sortir ni entrer, a fait savoir le ministre ukrainien des infrastructures, Volodimir Omelian. 35 bateaux étaient enmpêchés jeudi matin d'opérer comme ils le souhaitaient. 

19H55

La Maison Blanche a annoncé que Donald Trump était «profondément préoccupé» par la capture par des gardes-côtes russes de trois bateaux militaires ukrainiens. Lors d'un entretien téléphonique avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, «les deux dirigeants ont fait part de leur vive préoccupation au sujet de cet événement», a déclaré la porte-parole de l'exécutif américain, Sarah Sanders.

Le président américain avait déjà menacé mardi d'annuler sa rencontre bilatérale prévue avec son homologue russe Vladimir Poutine au G20 en Argentine, en pleine escalade des tensions entre Moscou et Kiev. 

15H58

L'Ukraine a dénoncé mercredi la détention «illégale» de ses 24 marins faits prisonniers dimanche à bord de leurs navires par la Russie au large de la Crimée, un incident qui a provoqué une montée des tensions entre Kiev et Moscou. Une note de protestation contre «la poursuite par la Russie de ses actions illégales», une allusion à la détention de ces militaires, a été envoyée au ministère russe des Affaires étrangères, a annoncé la diplomatie ukrainienne dans un communiqué.

13H18

Les gardes-côtes russes ont rempli «leur devoir militaire» dimanche en arraisonnant trois navires de guerre ukrainiens au large de la Crimée, a affirmé Vladimir Poutine au sujet de l'incident qui a provoqué une escalade des tensions entre Kiev et Moscou. 

Au cours d'un forum économique à Moscou, il a expliqué leur action par le fait que les équipages ukrainiens n'avaient pas répondu aux mises en garde russes. 

11H37

La rencontre prévue entre Vladimir Poutine et Donald Trump au G20 en Argentine est toujours en «préparation» malgré la menace du président américain de son annulation à cause des tensions en Ukraine.

11h21

Le président ukrainien Petro Porochenko a promulgué mercredi l'acte sur la loi martiale introduite en Ukraine. «Le président Porochenko a signé la loi», a annoncé sur Facebook ce porte-parole, Sviatoslav Tsegolko, au sujet de la loi adoptée lundi par le Parlement ukrainien qui doit être introduite pour trente jours dans dix régions frontalières et côtières du pays.

MERCREDI 28 NOVEMBRE, 09H57

Un nouveau système de missiles sol-air S-400 va être déployé «dans un avenir proche» en Crimée. «Dans un avenir proche, le système de missiles antiaériens se mettra en position de combat pour protéger l'espace aérien de la Fédération de Russie», a déclaré le colonel Vadim Astafiev, porte-parole du district militaire russe du Sud, cité par l'agence de presse Interfax.

RAPPEL DES FAITS

A l'origine de la crise

Trois navires ukrainiens (deux vedettes, un remorqueur) qui avaient quitté Odessa deux jours plus tôt, sont en mer le dimanche 25 novembre pour rejoindre Marioupol, ville ukrainienne positionnée sur les rivages de la mer d'Azov. Problème : pour s'y rendre, leur plan de route prévoir de passer par le détroit de Kertch, seul passage possible entre la Mer Noir et celle d'Azov. Depuis 2014, l'endroit est revendiqué par l'armée russe qui ce jour-là, décide de la fermeture provisoire du bras de mer. Selon Moscou, Kiev aurait été avisé de cette décision mais l'Ukraine dément cette information. A 2h55 GMT, les Ukrainiens informent donc les Russes de leur passage par le détroit de Kertch. A 3h30 GMT, la Russie leur rappelle que cet accès est non seulement provisoirement fermé mais aussi que l'armée ukrainienne n'a pas respecté l'habituelle procédure qui stipule, depuis 2014, de prévenir la marine russe 24 à 48 heures à l'avance. Là encore, sur ce point précis, chaque camp s'oppose par version contradictoire, les autorités ukrainiennes estimant avoir fait le nécessaire au niveau administratif mais que le port de Kertch n'avait pas répondu à sa requête. 

VIOLENT ACCROCHAGE

Les trois navires ukrainiens font fi de l'avertissement lancé par la Russie, poursuivent leur route et finissent par franchir les eaux territoriales russes, en tout cas revendiqués en tant que tel par le Kremlin depuis le conflit en Crimée. Pour la Russie, c'en est trop. Des hélicoptères Ka-52, un cargo et des avions Su-25 sont mobilisés. L'un des trois bateaux ukrainiens est violemment heurté par des gardes-côtes russes. Un acte de provocation indéniable pour Kiev, une simple opération défense selon Moscou furieux que les équipages ukrainiens ne répondent pas à leurs injonctions. La situation demeure tendue une bonne partie de la journée entre chaque camp. A 15h GMT, l'Ukraine décide de renvoyer sa flotille à Odessa. Mais comme le prévoit la loi en Russie, ils sont pris en chasse par 10 navires de l'armée russe autorisés à les poursuivre dans les eaux internationales puisqu'ils ont franchi les frontières russes. Le rapport de force est déséquilibré. Une vedette russe effectue alors un tir de sommation, puis d'autres, avant de viser et toucher un bateau appartenant à l'Ukraine.

DES Blessés et DES REACTIONS

Parmi les 7 membres de l'équipage, trois sont blessés et sont évacués par la Russie. Les deux autres navires ukrainiens sont saisis, leur équipage respectif interpellé. Parmi eux, des espions ukrainiens. Au total, la Russie a procédé à l'arrestation de 24 marins ukrainiens. Deux d'entre eux ont été condamnés à deux mois de priosn mardi.

Le lendemain, l'Ukraine a voté la loi martiale dans ses régions frontalières avec la Russie qui concrètement va lui permettre pendant un mois de mobiliser ses citoyens, de réguler l'activité des médias et de limiter les rassemblements publics. Vladimir Poutine a mis ses homoligues ukrainien contre tout acte «irréfléchi». Les alliés occidentaux prennent connaissance du dossier et s'inquiètent d'un regain de tension dans une zone géographique déjà soumise à d'importances violences pendant la guerre de Crimée en 2014. Alors qu'il avait prévu de s'entretenir avec Vladimir Poutine au prochain G20 en Argentine, Donald Trump remet en cause cette rencontre. «Peut-être que je ne ferais pas cette entrevue», confie-t-il au Washington Post.

Le président du Conseil européen Donald Tusk et l'ONU ont condamné l'usage de la force par les Russes.

DES manoeuvres politiques ?

L'escalade de violences entre les deux pays s'est invitée in extremis au sommet du G20 prévu en fin de semaine. L'accrochage pourrait aussi avoir une influence sur l'UE dont certains dirigeants se réunissent en décembre pour décider ou pas de nouvells sanctions contre les Russes. Ceux-ci en tout en tout cas leur petit idée sur l'origine de cet incident ayant pris une pris dimension internationale. Ils accusent en effet le président ukrainien en place, en baisse de popularité dans les sondages, de vouloir redorer son image en vue de sa réelection en mars 2019. Argument repris à son compte par Kiev pour qui l'effritement de la côte de sympathie de Vladimir Poutine (66% mais au plus bas depuis 2012), a joué un rôle prépondérant dans le déclenchement des hostilités face à son voisin honni.

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