Le Pacte de Marrakech formellement approuvé

Les représentants de près de 160 pays, réunis ce lundi 10 décembre à Marrakech, au Maroc, ont formellement approuvé le Pacte mondial sur les Migrations piloté par l'ONU, un texte qui polarise les critiques des nationalistes et des anti-migrations.

Le texte destiné à renforcer la coopération internationale pour une «migration sûre, ordonnée et régulière» doit encore faire l'objet d'un ultime vote de ratification, qui aura lieu le 19 décembre prochain à l'Assemblée générale des Nations unies. 

Le sujet déchaîne les passions, une quinzaine de pays ont fait part de leur retrait ou du gel de leur décision. «Il est étonnant qu'il y ait eu autant de désinformation à propos de ce que le Pacte est et de ce qu'il dit (...), il ne crée aucun droit de migrer, il ne place aucune obligation sur les Etats», a martelé Louise Arbour, la représentante spéciale de l'ONU pour les migrations, dimanche soir au cours d'une conférence de presse à Marrakech.

Non contraignant, le Pacte recense des principes - défense des droits de l'homme, des enfants, reconnaissance de la souveraineté nationale - et liste des propositions pour aider les pays à faire face aux migrations - échanges d'information et d'expertises, intégration des migrants. Il interdit les détentions arbitraires, n'autorisant les arrestations qu'en dernier recours.

Les défenseurs des droits de l'Homme le trouvent insuffisant, notamment sur l'accès des migrants à l'aide humanitaire et aux services de base ou sur les droits des travailleurs migrants. Ses détracteurs le voient comme un encouragement à un flux migratoire incontrôlé.

Louise Arbour, la représentante spéciale de l'ONU pour les migrations, lors d'une conférence de presse le 9 décembre 2018 à Marrakech, au Maroc [FADEL SENNA / AFP]
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Louise Arbour, la représentante spéciale de l'ONU pour les migrations, lors d'une conférence de presse le 9 décembre 2018 à Marrakech, au Maroc

 

Les Etats-Unis, qui s'étaient retirés de l'élaboration du texte en décembre 2017 en le jugeant contraire à la politique d'immigration du président Donald Trump, ont lancé vendredi une nouvelle salve contre le Pacte et contre toute forme de «gouvernance mondiale».

«Les décisions sur la sécurité des frontières, sur qui est admis à résider légalement ou à obtenir la citoyenneté, figurent parmi les plus importantes décisions souveraines qu'un pays peut prendre», a fustigé la mission diplomatique américaine à l'ONU dans un communiqué.

Les Etats-Unis ont été particulièrement actifs au cours des derniers mois pour partager leur conception du Pacte avec plusieurs pays signataires, notamment en Europe, selon des diplomates de l'ONU.

A ce stade, neuf pays se sont retirés du processus après avoir approuvé le texte le 13 juillet dernier à New York - Autriche, Australie, Chili, République tchèque, République dominicaine, Hongrie, Lettonie, Pologne et Slovaquie - et sept ont souhaité plus de consultations internes - Belgique, Bulgarie, Estonie, Israël, Italie, Slovénie et Suisse -, selon Louise Arbour.

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