Alzheimer : des bactéries dans la bouche en cause ?

La maladie d'Alzheimer touche 900.000 personnes en France, d'après l'Inserm.[PATRICK HERTZOG / AFP]

Des bactéries buccales pourraient être à l'origine du développement de la maladie d'Alzheimer, selon une étude menée par des chercheurs américains dont les résulats ont été publiés le 23 janvier dans la revue Science Advances.

La maladie, incurable aujourd'hui, provoque une lente dégénérescence des neurones et est caractérisée par des troubles de la mémoire, ainsi que la perte d'autres fonctions cognitives.

Les chercheurs ont retrouvé en grand nombre la bactérie Porphyromonas gingivalis, associée à la parodontite chronique (une inflammation qui détruit la gencive et les dents), dans le cerveau de personnes mortes et qui étaient atteintes de la maladie neurodégénérative. La bactérie libère des enzymes toxiques, les gingipaïnes.

En France, 900.000 personnes touchées par Alzheimer

Ce n'est pas la première fois que le lien est établi entre cette bactérie et la maladie, qui touche 900.000 individus en France, d'après l'Inserm. Une étude, publiée dans Journal of the American Geriatrics Society, avait démontré que la perte de dents pouvait être relié à un risque de démence. Mais cette nouvelle étude montre que la présence de gingipaïne provoque l'augmentation de la production de la protéine bêta-amyloïde, qui s'accumule en plaque dans le cerveau des personnes atteintes d'Alzheimer.

Pour obtenir ces résultats, les chercheurs ont déposé la bactérie dans la bouche de dix souris sauvages. Un groupe témoin était constitué de dix autres souris. Au bout de 22 semaines d'expérience, ils ont constaté que les premières souris, exposées régulièrement à Porphyromonas gingivalis, avaient des quantités beaucoup plus élevées de bêta-amyloïde accumulée que celles du groupe témoin. Elles avaient également plus de neurones abîmés.

Les chercheurs ont mis au point une molécule, baptisée COR388, qui pourrait bloquer la gingipaïne. Ils sont parvenus à réduire le taux de cette protéine sur des souris. L'équipe de scientifiques espère à terme tester les effets de la molécule chez les êtres humains.

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