L'acteur Suisse Bruno Ganz, monstre sacré du cinéma européen, est décédé

L'acteur suisse Bruno Ganz, le 16 février 2017 au Festival du film de Berlin [John MACDOUGALL / AFP/Archives] L'acteur suisse Bruno Ganz, le 16 février 2017 au Festival du film de Berlin. [John MACDOUGALL / AFP/Archives]

Bruno Ganz, un des acteurs majeurs du cinéma européen avec son rôle d'ange emblématique dans «Les Ailes du désir» ou encore celui d'Adolf Hitler dans «La Chute», est décédé samedi dans son pays, la Suisse, à l'âge de 77 ans.

«Oui, aujourd'hui dans les premières heures de la journée», a indiqué à l'AFP son agent Patricia Baumbauer, en confirmant le décès annoncé par le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung. «Il avait un cancer», a-t-elle ajouté.

Les médecins ont décelé chez le comédien un cancer de l'intestin en juillet dernier.

Bruno Ganz aurait dû assurer le rôle de l'orateur dans l'opéra de Mozart «La Flûte enchantée» au Festival de Salzbourg. Mais cela n'a pas été possible : Klaus Maria Brandauer a dû le remplacer.

Natif de Zurich, fils d'un mécanicien suisse et d'une mère originaire d'Italie, il est considéré comme l'un des les plus importants acteurs germanophones de l'après-guerre, sur les planches comme au cinéma.

(g-d) le réalisateur Wim Wenders (g), l'actrice Solveig Dommartin c) et l'acteur Bruno Ganz lors de la présentation du film "Les Ailes du désir", le 17 mai 1987 au Festival de Cannes [ / AFP/Archives]
(g-d) le réalisateur Wim Wenders (g), l'actrice Solveig Dommartin c) et l'acteur Bruno Ganz lors de la présentation du film "Les Ailes du désir", le 17 mai 1987 au Festival de Cannes [ / AFP/Archives]

Parmi ses rôles les plus marquants, celui de l'ange Damiel dans «Les Ailes du désir», tourné par Wim Wenders en 1987 et dans lequel son personnage épie et scrute le Berlin d'avant la réunification. Le film avait obtenu une Palme pour la mise en scène à Cannes.

Son rôle explosif et sombre en tant qu'Adolf Hitler dans «La Chute» l'a consacré définitivement en 2004. Il s'agissait d'un des premiers films allemands consacré au personnage du «Führer», dans un pays toujours traumatisé par le souvenir de la barbarie nazie.

Dans ce film nominé aux Oscars racontant les derniers jours du tyran nazi à la fin de Seconde guerre mondiale, son interprétation reste inégalée pour de nombreux critiques et lui a valu une nomination au Prix du cinéma européen.

«Un rideau de fer»

«Cela m'a aidé de ne pas être allemand, parce que je pouvais mettre mon passeport entre Hitler et moi», avait déclaré Ganz au site The Art Desk en 2005.

L'acteur suisse Bruno Ganz, le 11 décembre 2004 à Barcelone, en Espagne [CESAR RANGEL / AFP/Archives]
L'acteur suisse Bruno Ganz, le 11 décembre 2004 à Barcelone, en Espagne [CESAR RANGEL / AFP/Archives]

Il racontait qu'il avait dû «construire un mur ou un rideau de fer» dans son esprit pour se distancer du dictateur, avec lequel il ne voulait «pas passer ses soirées à l'hôtel».

En 1996, il avait reçu l'anneau d'Iffland, propriété de l'Etat autrichien, une distinction accordée par le plus grand acteur de théâtre de langue allemande à celui digne d'être son successeur.

Avant de percer dans le cinéma, Bruno Ganz, un autodidacte qui a quitté l'école à l'adolescence, a travaillé comme comédien pour des théâtres allemands prestigieux.

Né en 1941, il décide d'arrêter ses études tôt pour se consacrer au métier de comédien, malgré les craintes de ses proches.

Travaillant d'abord comme libraire puis comme ambulancier, il rejoint l'Allemagne dans les années 1960 pour réaliser son rêve.

Il est réellement devenu acteur au milieu des années 1970 et a commencé à se distinguer avec des films comme «l'Ami américain» en 1977.

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