Turquie : revers cinglant pour Erdogan aux municipales

Recep Tayyip Erdogan a déclaré dimanche 31 mars que son parti, l'AKP, corrigerait ses «faiblesses», après le revers sans précédent qu'il a connu aux élections municipales. Recep Tayyip Erdogan a déclaré dimanche 31 mars que son parti, l'AKP, corrigerait ses «faiblesses», après le revers sans précédent qu'il a connu aux élections municipales. [Adem ALTAN / AFP]

Une défaite historique. Le parti du président turc Recep Tayyip Erdogan, l'AKP, a perdu les deux principales villes du pays, Ankara et Istanbul, lors des élections municipales qui se sont déroulées ce dimanche 31 mars.

Un revers sans précédent pour le chef d'Etat islamo-conservateur, au pouvoir depuis 2003, puisque les deux cités étaient contrôlées depuis vingt-cinq ans par sa formation politique et ses prédécesseurs islamistes. A Ankara, capitale de la Turquie, la défaite est sans appel. Le candidat de l'opposition a en effet obtenu 50,90 % des voix, contre 47,06 % pour son rival de la majorité.

A Istanbul, au contraire, le scrutin s'est joué à un souffle. Après que les deux prétendants ont revendiqué tour à tour leur victoire, le président du Haut-comité électoral a déclaré, lundi 1er avril, que le concurrent de l'opposition était arrivé en tête avec seulement 28 000 voix d'avance. Mais Recep Tayyip Erdogan ne compte pas lâcher le poumon économique et démographique du pays aussi facilement, puisque l'AKP a déposé des recours pour réexaminer la validité de milliers de bulletins considérés comme nuls, qui sont toujours en cours d'examen lundi pour un peu plus de 80 urnes.

Un pays en pleine tempête économique

Même si la formation présidentielle, alliée aux ultranationalistes du MHP, conserve sa majorité à l'échelle nationale, avec 51,67 % des suffrages selon les résultats partiels, le dirigeant turc a semblé admettre son échec. «Dès demain matin, nous allons commencer à travailler pour identifier nos faiblesses et y remédier», a-t-il ainsi déclaré dimanche 31 mars, lors d'un discours devant ses partisans au siège de son parti, à Ankara.

Le chef d'Etat paye la situation économique de son pays, qui est entré en fin d'année dernière en récession pour la première fois depuis 2009. Une conséquence de l'inflation record qui touche la Turquie depuis quelques mois (environ 20 %), en raison notamment de la chute de la livre turque, qui a perdu 30 % de sa valeur en 2018. Cette hausse des prix a durement frappé les consommateurs, en particulier dans le secteur de l'alimentation, provoquant la défiance de nombreux électeurs.

La stratégie elle-même de Recep Tayyip Erdogan pour ce scrutin semble également en cause. A force de cibler violemment ses opposants, tous accusés d'être liés au «terrorisme», il a poussé les déçus de sa politique à renoncer à leurs intentions de boycotter ces élections. «Je ne voulais pas voter. Mais les attaques répétées du président m'ont fait changer d'avis», explique ainsi au Figaro une habitante d'Istanbul.

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