Violences sexuelles : la France dénonce à l'ONU la menace de veto américain

«Non veut dire non !», est écrit sur le dos d'une femme alors que plus de mille personnes défilent dans la ville et participent à la première «Marche des salopes», le 20 août 2011 au Cap, en Afrique. «Non veut dire non !», est écrit sur le dos d'une femme alors que plus de mille personnes défilent dans la ville et participent à la première «Marche des salopes», le 20 août 2011 au Cap, en Afrique. [STR / AFP]

La France a vivement dénoncé mardi à l'ONU les Etats-Unis pour avoir vidé de sa substance un projet de résolution allemand censé intensifier la lutte contre les violences sexuelles faites aux femmes lors des conflits.

«Nous sommes consternés par le fait qu'un Etat ait exigé le retrait de la référence à la santé sexuelle et reproductive pourtant agréée» dans de précédentes résolutions en 2009 et 2013, a déclaré l'ambassadeur français à l'ONU, François Delattre.

«Nous déplorons que des menaces de veto aient été agitées par des membres permanents de ce Conseil pour contester 25 ans d'acquis en faveur des droits des femmes dans des situations de conflits armés», a-t-il ajouté.

Après amputation de nombreuses mentions à la demande des Etats-Unis, mais également de la Russie et de la Chine, la résolution a été adoptée par 13 voix et deux abstentions, celles de Moscou et Pékin.

«Des concessions importantes ont été accordées sous la pression de plusieurs membres permanents qui n'ont pas permis au texte d'aller aussi loin que nous l'aurions souhaité», a poursuivi François Delattre.

«Il est inexplicable que l'accès à la santé sexuelle et reproductive ne soit pas explicitement reconnu aux victimes de violences sexuelles, elles qui sont souvent la cible d'atroces exactions et de mutilations barbares», a aussi lancé le diplomate.

Alors que les «victimes ont de toute évidence besoin de ces soins», «cette omission est inacceptable et porte atteinte à la dignité des femmes», a-t-il insisté.

«De même, il est intolérable et incompréhensible que le Conseil de sécurité soit incapable de reconnaître que les femmes et les filles qui ont subi des violences sexuelles en temps de conflit et qui n'ont évidemment pas choisi d'être enceintes, ont le droit d'avoir le choix d'interrompre leur grossesse», a-t-il dit.

«Les femmes doivent pouvoir disposer librement de leur corps», a-t-il réclamé.

Selon des diplomates, l'opposition de l'administration conservatrice de Donald Trump a été déterminante pour empêcher un consensus à ce sujet. Depuis plus d'une semaine, Washington s'est efforcé de gommer dans le texte les mentions relatives aux femmes tombant enceintes après un viol, afin de ne pas favoriser les avortements.

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