Steve Jobs, Nathalie Portman, Angela Merkel : la grande tradition des discours d'adieux aux étudiants américains

Actrice, auteure, PDG... Ils livrent les secrets (étonnants) de leur réussite aux étudiants d'université.

La chancelière Angela Merkel doit devenir, ce jeudi, la première personnalité allemande à donner un discours devant les diplômés d'Harvard. Une tradition célébrée chaque année aux Etats-Unis.

L'image est connue de tous. Tous les ans, dans chaque université américaine, des centaines d'élèves en blouses noires lancent leurs chapeaux carrés à bouts pointus dans les airs pour célébrer la fin de leurs études. De Yale à Berkeley, c'est généralement ce geste symbolique qui clôture les traditionnelles cérémonies de remise des diplômes.

Mais un autre rituel, moins connu outre-Atlantique est scruté chaque année : le «commencement speech», soit le discours d'adieux aux étudiants. D'éminentes personnalités du monde politique, acteurs, humoristes, entrepreneurs à succès en passant par les dignitaires étrangers, inondent les tribunes des universités pour s'adresser aux étudiants fraîchement diplômés sous la forme d'un discours inspirant.

PDG et élu politique y distillent leurs secrets de réussite sous les regards attentifs de diplômés. En même temps, ce n'est pas tous les jours qu'on entend de la bouche de Steve Jobs, créateur d'Apple, qu'il n'a jamais été diplômé, ou comment la mort est devenue son moteur. 

«Avoir en tête que je peux mourir bientôt est ce que j’ai découvert de plus efficace pour m’aider à prendre des décisions importantes. Si aujourd’hui était le dernier jour de ma vie, est-ce que je serais content de ce que je vais faire aujourd’hui ? Si la réponse est non plusieurs jours de suite, il faut changer.»

Steve Jobs, à Stansford en 2005

Depuis plus d’une décennie, ces tirades souvent drôles et parfois très intimes, sont devenues un genre à part entière dans le domaine du développement personnel et génèrent des vidéos virales sur le web. 

Des bienfaits de l'imagination et du manque d'expérience

De son discours prononcé à Harvard en 2008, J.K. Rowling, en a même tiré un livre de 80 pages. L'auteure de la saga Harry Potter avait alors mis en avant les bienfaits de l’échec et de l’imagination

«L’imagination n’est pas seulement cette capacité spécifiquement humaine qui permet de voir ce qui n’est pas, et donc la source de toutes les inventions et innovations. On peut aussi dire que c’est l’aptitude la plus transformatrice et révélatrice, le pouvoir qui nous permet de comprendre ce que ressentent des humains dont nous n’avons jamais partagé les expériences.»


J.K Rowling, à Harvard en 2008

Parmi les discours les plus remarquables de la saison, l'investisseur milliardaire Robert F. Smith du Morehouse College a promis aux diplômés qu'il rembourserait l'intégralité des prêts étudiants de la promotion 2019 - une promesse qui a évidemment suscité un tonnerre d'applaudissements.

L'ôde à la gentillesse de Kristen Bell a également marqué le parterre d'étudiants de l'université de Californie du Sud de Los Angeles cette année. L'actrice a fait mouche en avec un vibrant hymne à la bienveillance :

«Nous vivons à une époque de gratification immédiate, de «likes» immédiats. Et il est pénible d'attendre les bénéfices de votre gentillesse. Mais je vous le promet, cela apparaîtra exactement quand vous en aurez besoin.»
Kristen Bell, à l'USC en 2019

Les conseils d'Angela Merkel sont donc très attendus ce jeudi à la tribune d'Harvard. D'autant que la dirigeante allemande succède à d'éminents orateurs. La plus ancienne et prestigieuse université américaine, qui renouvelle cette tradition depuis 1831, avait précédemment donné la parole à Mark Zuckerberg, Steven Spielberg ou encore Natalie Portman.

L'actrice, qui a étudié à Harvard en parallèle de son travail de comédienne, avait d'ailleurs marqué les esprits. Rappelant ses propres difficultés d’adaptation à la vie sur le campus, l'actrice oscarisée pour son rôle de danseuse de ballet professionnelle dans Black Swan, avait encouragé les futurs diplômés à «faire de leur inexpérience un atout». 

«Ce n’est pas le courage ou l’amour du risque qui m’ont poussée à faire ce film [Black Swan]. J’étais tellement inconsciente de mes propres limites que j’ai fait des choses auxquelles je n’étais absolument pas préparée. L’absence d’expérience qui me complexait à l’université et qui me donnait envie de jouer selon les règles des autres me faisait prendre de vrais risques… sans même réaliser qu’ils en étaient !»
Natalie Portman, à Harvard en 2015

 

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