Naufrage sur le Danube : inculpation du capitaine, recherche difficile des disparus

Jets de fleurs dans le Danube à l'endroit de la collision mortelle entre un bateau de croisière et une embarcation transportant des touristes sud-coréens, le 1er juin à Budapest [Peter Kohalmi / AFP] Jets de fleurs dans le Danube à l'endroit de la collision mortelle entre un bateau de croisière et une embarcation transportant des touristes sud-coréens, le 1er juin à Budapest [Peter Kohalmi / AFP]

Le commandant du bateau de croisière impliqué dans une collision avec une embarcation transportant des touristes sud-coréens sur le Danube a été inculpé par un tribunal de Budapest, alors que les recherches des disparus sont rendues difficiles par le fort débit du fleuve.

Le bateau «La sirène» a chaviré et coulé mercredi soir, quelques secondes après avoir été percuté par le «Sigyn» de la compagnie Viking, au coeur de Budapest. Ce drame a fait sept morts et 21 disparus. Seuls sept touristes ont réchappé au drame.

Le capitaine du «Sigyn», un Ukrainien de 64 ans, a été inculpé samedi, a appris l'AFP auprès du parquet qui n'a pas précisé la nature des charges à son encontre. Il avait été placé en garde à vue jeudi soir, vingt-quatre heures après le drame, et l'enquête avait été ouverte pour «négligence criminelle sur une voie navigable publique».

Le tribunal a décidé d'accorder une remise en liberté sous caution au capitaine, selon son avocat Me Balazs Toth, mais le parquet a fait appel entraînant son maintien en détention. «Il se sent toujours dévasté par le nombre de victimes et demande constamment qu'on transmette des condoléances à leurs proches», selon Me Toth.

Des proches des victimes coréennes sur les lieux de l'accident entre un bateau de croisière et une embarcation de touristes sur le Danube à Budapest, le 1er juin 2019 [Peter Kohalmi / AFP]
 
Des proches des victimes coréennes sur les lieux de l'accident entre un bateau de croisière et une embarcation de touristes sur le Danube à Budapest, le 1er juin 2019

«Mon client (...) insiste sur le fait qu'il n'a pas commis d'erreurs», a déclaré son autre avocat, Me Gabor Elo, à des journalistes après l'audience.

Les enquêteurs cherchent à comprendre les circonstances dans lesquelles le navire de croisière de 135 mètres a percuté l'embarcation de 26 mètres, qui effectuait une excursion fluviale et dans laquelle se trouvaient 33 passagers sud-coréens -- 22 femmes, 10 hommes et une fillette de six ans -- et deux membres hongrois d'équipage qui comptent parmi les disparus.

La compagnie Viking, fondée par le Norvégien Torstein Hagen en 1997 et dont le siège se situe à Bâle en Suisse, est l'un des leaders mondiaux de la croisière fluviale.

Drapeaux noirs

Le journal Magyar Nemzet, l'un des principaux quotidiens hongrois, a avancé samedi, citant des informations de police, l'hypothèse selon laquelle le capitaine du «Sigyn» n'aurait pas averti le pilote de «La sirène» qu'il allait faire un dépassement, comme le veut le code de la navigation.

Selon le journal, il n'a pas non plus averti la police de la collision. Les enquêteurs disposent d'images de l'accident tournées par des caméras de surveillance.

Experts hongrois et sud-coréens lors des opérations de recherche des survivants de la collision entre un bateau de croisière et une embarcation de touristes sur le Danube à Budapest, le 1er juin 2019 [FERENC ISZA / AFP]
 
Experts hongrois et sud-coréens lors des opérations de recherche des survivants de la collision entre un bateau de croisière et une embarcation de touristes sur le Danube à Budapest, le 1er juin 2019

La recherche des disparus, pour laquelle d'importants moyens ont été déployés, est contrariée et rendue très dangereuse par le fort débit du fleuve gonflé par les pluies.

Le renflouage du navire, où pourraient se trouver les victimes manquantes, relèvera d'une «longue mission», avait prévenu vendredi le ministre hongrois des Affaires étrangères Peter Szijjarto, les experts estimant à plusieurs jours le délai nécessaire pour intervenir sur l'épave.

Photo prise le 1er juin 2019 à Budapest, montrant des fleurs, des bougies et un drapeau sud-coréen sur le pont Marguerite qui enjambe le Danube, au-dessus du lieu de la collision entre un bateau de croisière et une embarcation de touristes, qui a fait 7 morts et 21 disparus, principalement des Sud-Coréens. [FERENC ISZA / AFP]
 
Photo prise le 1er juin 2019 à Budapest, montrant des fleurs, des bougies et un drapeau sud-coréen sur le pont Marguerite qui enjambe le Danube, au-dessus du lieu de la collision entre un bateau de croisière et une embarcation de touristes, qui a fait 7 morts et 21 disparus, principalement des Sud-Coréens.

Selon les médias hongrois, aucune plongée n'a pu avoir lieu samedi, les sauveteurs examinant les moyens de contenir le courant autour de l'épave. Celle-ci est immergée à quelques mètres de profondeur sous le pont Marguerite, sur lequel une rangée de drapeaux noirs a été déployée en signe de deuil, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Les recherches se poursuivent aussi sur tout le tracé en aval du fleuve, jusqu'en Serbie et Roumanie, trois des sept cadavres ayant été repêchés à plusieurs kilomètres au sud de la capitale hongroise.

«La sirène» effectuait une excursion fluviale «de routine» entre le pont des Chaînes, le plus célèbre de Budapest, et le pont Marguerite, selon un porte-parole du propriétaire du bateau naufragé, Panorama Deck. Le «Sigyn» et ses quelque 180 passagers venaient de partir de la capitale hongroise pour une croisière fluviale de plusieurs jours à destination de l'Allemagne.

Arrivés en avion avec des officiels, des proches des touristes sud-coréens se sont recueillis vendredi à Budapest sur les berges du Danube. La Corée du Sud avait été traumatisée par le naufrage en avril 2014 au large de ses côtes du ferry Sewol, qui avait fait 304 morts, pour l'essentiel des lycéens.

Vous aimerez aussi

Ailleurs sur le web

Derniers articles