Hong Kong : la cheffe de l’exécutif dément vouloir démissionner, la contestation se poursuit

L'ex-colonie britannique traverse depuis juin sa pire crise politique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997.[©Anthony WALLACE / AFP]

Carrie Lam sur le départ ? Non, a affirmé ce mardi la cheffe de l'exécutif hongkongais, après la fuite d’un enregistrement audio dans lequel elle dit vouloir quitter son poste face à la crise qui traverse l'ex-colonie britannique depuis le début du mois de juin.

«Je me suis dit plusieurs fois ces trois derniers mois que mon équipe et moi devions rester pour aider Hong Kong», a déclaré ce mardi matin Mme Lam lors d'une conférence de presse.

Pékin dit soutenir «fermement» carrie lam

Elle a ajouté n'avoir «même pas envisagé» de discuter de sa démission avec le gouvernement chinois. Mme Lam a également jugé «inacceptable» la fuite de cet enregistrement, et rejeté les accusations selon lesquelles celle-ci aurait en fait été orchestrée par elle ou son gouvernement.

Dans cet enregistrement, Mme Lam a par ailleurs expliqué n'avoir qu'une marge de manœuvre «très limitée» pour résoudre la crise, qui est devenue une affaire de sécurité nationale et de souveraineté pour le gouvernement central chinois. Elle dit penser que Pékin «n'a absolument aucun plan» visant à déployer l'armée chinoise. «Ils savent que le prix à payer serait trop élevé», a-t-elle déclaré avant d’affirmer que la Chine n'a pas fixé «de date butoir» pour réprimer les troubles.

A Pékin, le gouvernement chinois a assuré ce mardi devant la presse, par la voix du porte-parole du Bureau des affaires de Hong Kong et Macao, Yang Guang, qu'il soutenait «fermement» Carrie Lam. Le régime communiste a par ailleurs averti qu'il ne resterait «jamais les bras croisés» si la situation devait dégénérer.

des jets de briques et de cocktails Molotov

Née d’une opposition au projet de loi de Carrie Lam qui visait à autoriser les extraditions vers la Chine continentale, la mobilisation ne faiblit pas. Si Carrie Lam a depuis suspendu ce texte en espérant calmer les manifestants, ces derniers ont élargi leurs revendications pour dénoncer le recul des libertés à Hong Kong et des ingérences grandissantes de la Chine dans les affaires de sa région semi-autonome.

Mardi, des centaines de personnes se sont rassemblées dans un parc de la ville alors que les étudiants poursuivaient leur campagne de boycott des cours lancée lundi. Ce week-end, les manifestations ont été parmi les plus violentes depuis juin, avec des jets de briques et de cocktails Molotov par des protestataires contre la police, qui a riposté en faisant un usage massif des gaz lacrymogènes, des canons à eau, et en chargeant les manifestants jusque dans les rames du métro.

Pékin, qui avait le mois dernier évoqué des actes de quasi-terrorisme dans les manifestations hongkongaises, a paru cependant vouloir calmer le jeu mardi. Les habitants de Hong Kong, «y compris les jeunes étudiants» ont le droit de manifester «pacifiquement», a assuré devant la presse un porte-parole du Bureau des affaires de Hong Kong et Macao, Yang Guang.

M. Yang a reconnu l'existence de «problèmes sociaux» qui affectent depuis longtemps la population de Hong Kong, «particulièrement la jeunesse» : «difficultés de logement, inégalités entre riches et pauvres, ascenseur social en panne».

Au total, plus de 1.100 manifestants ont été arrêtés depuis le début de la mobilisation, y compris des figures du combat pro-démocratie et des députés la semaine dernière.

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