Un iceberg de 1.600 km² se détache en Antarctique

Il fait environ 210 mètres d'épaisseur et contient 315 milliards de tonnes de glace.[©Jonathan NACKSTRAND / AFP]

Un iceberg d'Antarctique grand comme quinze fois Paris s'est détaché entre le 24 et le 25 septembre, ont observé des scientifiques. Mais l'événement n’est pas dû au changement climatique.

L'iceberg, baptisé D28, s'est détaché de la barrière de glace d'Amery, sur l'est du continent, selon les observations de deux satellites, l'un européen et l'autre américain de la Nasa.

Et ses dimensions sont impressionnantes. Il mesure en effet 1.582 km², selon le programme européen Copernicus, tandis que les calculs de la glaciologue américaine Helen Amanda Fricker ont conclu qu'il faisait environ 210 mètres d'épaisseur et contenait 315 milliards de tonnes de glace. Pour autant, la production d'icebergs fait partie du cycle normal des barrières de glace, qui sont le prolongement de la calotte glaciaire sur l'eau, prévient Fricker.

«La calotte glaciaire doit perdre de la masse, c'est normal»

«Les barrières de glace doivent perdre de la masse car elles sont constamment en train d'en gagner. Elles veulent conserver leur taille», explique Helen Amanda Fricker, professeure au centre d'océanographie Scripps à l'université de Californie San Diego.

Le gain de masse vient de la neige qui tombe sur le continent et les glaciers (rivières de glace), qui avancent doucement vers les rivages. Il est crucial d'avoir en tête que l'est de l'Antarctique est différent de l'ouest du continent et du Groenland qui, eux, se réchauffent à grande vitesse en raison du changement climatique.

«Il est vraiment important d'éviter la confusion pour le grand public, ce n'est pas dû au changement climatique", dit la scientifique. Un iceberg trois fois plus grand s'est d'ailleurs détaché il y a deux ans en Antarctique, rappelle-t-elle, ce qui avait créé une certaine panique à l'époque.

«La calotte glaciaire doit perdre de la masse, c'est normal». «C'est délicat à expliquer, car on ne veut pas que les gens croient que le changement climatique n'existe pas. Mais cet événement n'est pas un signe de changement climatique», conclut Helen Amanda Fricker.

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