Liban, Chili, Hong Kong... Le Joker devient un symbole des soulèvements populaires

Une manifestante grimée en clown à Beyrouth, au Liban, le 19 octobre 2019. [© Patrick BAZ / AFP]

La pop culture au service de la contestation sociale. Depuis la sortie du film de Todd Philipps, le visage du «Joker», personnage anarcho-terroriste particulièrement remonté contre les inégalités de la société, surgit dans plusieurs manifestations urbaines à travers le monde.

En maquillage, en masque, voire en fresque ou en simple graff, la figure du célèbre vilain de l'univers Batman est apparue sur trois différents continents en proie à des insurrections populaires contre l'élite politique et économique: au Liban, où la nouvelle taxe sur le réseau Whatsapp a fait naître un mouvement de fronde, au Chili, où la hausse du ticket de métro a été la goutte de trop, et à Hong Kong, où la loi d'extradition vers la Chine a cristallisé une colère qui dure maintenant depuis plus de cinq mois.

Le compte Facebook «Désobéissance Ecolo Paris», repéré par CheckNews, a notamment publié plusieurs photos avec le commentaire suivant: «Dans les révoltes en cours au Liban, au Chili et à Hongkong, on voit apparaître de plus en plus de Jokers, comme on voit aussi de plus en plus de parapluies en référence à Hong Kong. Comme si les manifestant.e.s prenaient conscience de ce qu’il y a de commun dans leur révolte et se répondaient par clin d’œil.» Sans compter qu'un masque permet de cacher son visage aux éventuelles autorités qui seraient tentées de ficher les manifestants les plus sulfureux.

Le visage de Joker détrônera-t-il le masque de Guy Fawkes, popularisé par le film «V pour Vendetta» ? Au vu du grand nombre de masques Anonymous dans les cortèges comparés à ceux du Joker, rien n'est moins sûr. Pour l'heure, les manifestants grimés en Joker se compteraient d'ailleurs sur les doigts de la main, selon le moteur de recherche de Libération, qui cite plusieurs sources sur place. Ceux-là pourraient toutefois être les premiers instigateurs d'un «mouvement Joker». A quand un gilet jaune ou un urgentiste affublé d'un masque de clown ?

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Un graffiti Joker aperçu dans le centre de Beyrouth, au Liban © ANWAR AMRO / AFP

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