Des images 20 fois plus précises de l'Univers dévoilées

Les premières images observées proviennent de notre galaxie voisine le Grand nuage de Magellan.[© F.Haberl, M. Freyberg et C. Maitra, MPE / IKI]

Le cosmos tel qu’on ne l'a jamais vu. Après avoir passé le ciel aux rayons X, le télescope spatial allemand eROSITA a dévoilé ses premières images de l’univers.

Présentées lundi dernier à l’Institut Max Planck de Physique Extraterrestre (MPE) à Garching, près de Munich, les images proviennent de notre galaxie voisine, le Grand nuage de Magellan (GNM), et d'une paire d'amas de galaxies en interaction distants de 800 millions d'années-lumière, dont les détails sont remarquables. Et pour cause, les sept capteurs de télescope eROSITA sont 20 fois plus sensibles que ceux de son prédécesseur.

Installés à bord du satellite russe Spektr-RG, lancé en juillet, eROSITA et son compagnon de voyage, le télescope russe ART-XC, sont arrivés le 21 octobre au point de Lagrange, le «L2». Un point du système solaire situé à 1,5 millions de kilomètres de la Terre. Le télescope eROSITA entend passer en revue l’intégralité du ciel, et ce huit fois de suite pendant les quatre prochaines années.

«Ces premières images de notre télescope montrent la véritable beauté de l'univers caché», a déclaré Peter Predehl, l’investigateur principal d'eROSITA. «Ces images de première lumière montrent que c'est non seulement ce que nous pouvons faire, mais aussi que nous pourrons aller beaucoup plus loin.», a-t-il ajouté.

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© F.Haberl, M. Freyberg et C. Maitra, MPE / IKI

Outre le Grand Nuage de Magellan, le télescope eROSITA montre quelques détails inédits, tels que des restes de supernova, c’est-à-dire des atmosphères stellaires expulsées par d’énormes explosions à la fin de la vie d’une étoile massive. «Les rayons X nous donnent une vision unique de l'Univers, cachée dans la lumière visible», a expliqué Kirpal Nandra, directeur du groupe d'astrophysique aux hautes énergies au MPE.

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©T. Reiprich (Univ. Bonn), M. Ramos-Ceja (MPE), F. Pacaud (Univ. Bonn), D. Eckert (Univ. Ge- nève), J. Sanders (MPE), N. Ota (Univ. Bonn), E. Bulbul (MPE), V. Ghirardini (MPE), MPE / IKI

Quant à ces deux images d’eROSITA ci-dessus, elles montrent les deux groupes de galaxies en interaction A3391, en haut de l'image, et l’amas à double pic A3395, en bas. Dans l'image de gauche, on voit clairement les deux amas comme des structures nébuleuses, qui brillent fortement dans les rayons X en raison de la présence de gaz extrêmement chaud (des dizaines de millions de degrés) dans l’espace intergalactique.

L'image de droite, quant à elle, met en évidence le «pont» ou le «filament» entre les deux amas, confirmant le soupçon que ces deux grandes structures interagissent de manière dynamique. «En mesurant l'évolution cosmique des amas à travers le temps, nous pourrons mesurer précisément les paramètres du modèle cosmologique afin de mieux comprendre la matière noire et l'énergie noire, constituant dominant de l'univers», a détaillé l'astrophysicienne Esra Bulbul, qui dirige les travaux sur les amas et la cosmologie au MPE.

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