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Destitution de Trump : Les témoins clés qui vont témoigner au Congrès

De gauche à droite George Kent, William Taylor et Marie Yovanovitch De gauche à droite George Kent, William Taylor et Marie Yovanovitch. [Eric BARADAT / AFP - Sergei SUPINSKY / AFP - CHIP SOMODEVILLA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP]

Ils étaient attendus pour leur première audience en public ce 13 novembre. Les témoins dans l'affaire de la destitution de Donald Trump devaient être auditionnés au Congrès à tour de rôle, afin de savoir si le président américain a bien abusé de ses pouvoirs. À huis clos, treize hauts fonctionnaires ont déjà été entendus. Parmi eux, trois s'apprêtaient à réitérer des témoignages particulièrement à charge contre le président américain.

William Taylor, l'ambassadeur des Etats-Unis en Ukraine

Il s'agit peut-être du témoignage le plus explosif, c'est pourquoi il sera le premier à se prêter au jeu. L'ambassadeur américain en Ukraine, William Taylor, a déjà passé 9 heures en huis clos avec les membres du Congrès pour expliquer pourquoi, selon lui, Donald Trump n'a pas respecté la Constitution. Il a assuré que le président américain avait conditionné une aide américaine en Ukraine contre une investigation pour corruption contre Hunter Biden, le fils de Joe Biden, favori pour l'investiture démocrate avant la présidentielle 2020. Or, utiliser sa place de chef de l'Etat pour interférer dans une élection politique est interdit. Donald Trump assure que William Taylor n'est pas un de ses supporters, mais il est à noter que c'est lui qui l'a remis à ce poste en Ukraine en juin 2019 dernier (il avait occupé le rôle d'ambassadeur entre 2006 et 2009 dans le passé). 

George Kent, conseiller au département d'Etat

Si George Kent, un fonctionnaire du département d'Etat américain (équivalent du ministère des Affaires étrangères en France) ne témoigne pas sur la conversation même entre le président ukrainien et son homologue américain, il met en évidence la manière dont Donald Trump a mis en place une diplomatie parallèle, pour éviter de faire face à la bureaucratie.

Selon Kent, qui est en charge du dossier ukrainien, Rudy Giuliani, avocat personnel du chef d'état américain, avait mis en place une pression tout terrain à l'Ukraine pour lancer une enquête contre Hunter Biden. Il avait rapidement fait part de ses inquiétudes quant à cette situation dans une note interne. Cependant, dès que l'affaire a commencé à éclater, et que Rudy Giuliani a contre-attaqué tous azimut, il lui a été intimé de «baisser la tête et faire profil bas». 

Marie Yovanovitch, ancienne ambassadrice en Ukraine

Si William Taylor a été nommé ambassadeur en Ukraine à partir de juin 2019, c'est Marie Yovanovitch qui occupait ce poste les années précédentes. Elle avait été subitement rappelé aux Etats-Unis en avril sur décision de Donald Trump, et les médias d'extrême droite assuraient alors qu'elle avait été «déloyale». Dans son audience à huis clos, la diplomate a assuré qu'elle craignait pour sa vie et qu'un représentant ukrainien lui avait intimé de «faire attention à elle». On lui avait conseillé à plusieurs reprise de se manifester en faveur de Trump sur les réseaux sociaux si elle voulait conserver sa place. 

Reconnue par ses pairs comme quelqu'un de minutieux et qui ne s'écarte jamais des règles, elle devrait répéter sa peur une nouvelle fois au Congrès. Toujours officiellement salariée du département d'Etat, elle risque fortement de perdre son emploi. Mike Pompeo, chef de la diplomatie américaine, a en effet interdit à tous les fonctionnaires de coopérer avec les démocrates. 

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