France, Chine, Iran... les Etats-Unis dans une guerre commerciale mondiale

Chine, France, Iran, Union européenne, tous ont subi les foudres de la politique commerciale de Donald Trump. Chine, France, Iran, Union européenne, tous ont subi les foudres de la politique commerciale de Donald Trump.[Nicholas Kamm / AFP]

Le 2 décembre, les Etats-Unis ont menacé la France : en représailles de la taxe GAFA du gouvernement français, les Américains pourraient surtaxer certains produits français comme le fromage, le champagne et les cosmétiques.

Des sanctions économiques qui s'ajouteraient à la longue liste de celles déjà prononcées contre plusieurs pays. «Les guerres commerciales sont bonnes et faciles à gagner», assurait Donald Trump en mars 2018. 

LA Chine

La Chine et les Etats-Unis sont englués dans une guerre commerciale sans fin, commencée en janvier 2018. Donald Trump décida de taxer les machines à laver et les panneaux solaires, alors que la Chine est le premier exportateur de ces objets aux Etats-Unis. Réponse de la Chine : une taxe sur la viande bovine, le tabac, le whisky, bref des produits typiquement américains.

Ce «ping-pong» des taxes s'est étendu au secteur des télécommunications : en mai 2019, Donald Trump interdit aux entreprises américaines de commercer avec le géant chinois Huawei, deuxième constructeur mondial de smartphones. D'ici 2020, le système d'exploitation de Google, Android, pourrait ne plus être disponible sur les mobiles Huawei.

Alors qu'une sortie de crise était récemment envisagé, mardi 3 décembre, Donald Trump a déclaré qu'un accord commercial pourrait être trouvé avec la Chine... après sa réélection. 

L'Iran 

Récemment, des manifestations d'ordre social (et violemment réprimées) ont secoué l'Iran, le pays étant en proie à un contexte économique difficile. Et notamment à cause des sanctions américaines qui touchent le pays depuis plus d'un an. Les Nord-Américains santionnent toutes les entreprises qui osent commercer avec l'Iran depuis qu'ils sont sortis de l'accord sur le nucléaire. Ce qui prive automatiquement le pays d'une importante source de revenu.

Cette injonction ne concerne pas que les entreprises américaines. Comment est-ce possible que les Etats-Unis sanctionnent des sociétés situées à l'extérieur de leurs frontières ? Le droit étasunien est extraterritorial et autorise la poursuite de toutes les entreprises qui ont un lien avec les Etats-Unis. Par exemple le fait de commercer en dollars ou d'avoir une filiale sur le territoire américain fait tomber sous le coup de la loi l'entreprise concernée.

Un mode de fonctionnement hautement contestable mais, au regard de la position économique du pays de l'oncle Sam, les possibilités d'éviter l'embargo américain sont réduites.

La France, l'Allemagne et le Royaume-Uni ont récemment mis en place un processus appelé «Instex» censé faciliter le contournement des sanctions américaines. 

L'Union européenne

Depuis octobre, les avions qui entrent sur le territoire américain en provenance de l'Union européenne sont taxés à hauteur de 10% : principal concerné, Airbus. Cette taxe a été mise en place avec l'accord de l'OMC (Organisation mondiale du commerce), 15 ans après la plainte des Etats-Unis. Selon eux, le constructeur européen était subventionné illégalement par l'Union européenne, en défaveur de Boeing, son concurrent américain.

France

On rembobine. En juillet 2019, le Parlement adoptait une taxe dite «GAFA». Dans le détail, la France s'engageait à taxer, à hauteur de 3%, les entreprises numériques dont les recettes sont issues de deux types de services numériques : la vente de services publicitaires ciblés qui fonctionnent grâce aux données des utilisateurs (Facebook, Twitter, Google), et la mise en relation d'internautes dans un but commercial (Uber, Tripadvisor). Pour être taxées, les entreprises doivent avoir un chiffre d'affaires supérieur à 750 millions d'euros dans le monde et 25 millions d'euros en France. 

Etant donné que les entreprises concernées par cette taxe étaient pratiquement toutes américaines, Donald Trump s'est indigné contre cette mesure. Un compromis avait pourtant été trouvé lors du G7 à Biarritz en août 2019 : cette taxe n'était valable qu'en attendant qu'un projet semblable voit le jour à l'échelle mondiale. 

Le compromis semble désormais bancal puisque le représentant au commerce des Etats-Unis a proposé, lundi 2 décembre, de surtaxer certains produits typiquement français en représailles. 

À suivre aussi

Donald Trump descend de l'avion présidentiel Air Force One, le 8 décembre 2019 [MANDEL NGAN / AFP]
Etats-Unis Destitution de Trump: une semaine décisive commence dans un Congrès divisé
Donald Trump a reconnu Jérusalem comme capitale d'Israël en 2017.
Etats-Unis Trump se décrit comme le «meilleur ami» d'Israël
Etats-Unis «Saturday Night Live» : Paul Rudd en Emmanuel Macron règne sur la cafèt de l’OTAN

Ailleurs sur le web

Derniers articles