Une étude explique pourquoi les chats peuvent manger des cadavres

Derrière leur apparence rassurante se cache des boules de poils prêtent à manger des cadavres humains.[©Anna-Rose GASSOT / AFP]

Derrière leur apparence rassurante se cachent des boules de poils prêtes à manger des cadavres humains. Et des scientifiques américains ont mené une expérience permettant de mieux comprendre ce comportement peu connu de nos compagnons à quatre pattes.

Zones du corps ciblées, état de décomposition... Cette étude menée par un centre médico-légal de l'Université Colorado Mesa (Etats-Unis), spécialisé dans l'étude de la décomposition des corps, a permis de mettre en lumière les différents comportements adoptés par les félins, qu'ils soient domestiques ou sauvages, face à un cadavre.

Dans ce centre de recherches, les cadavres sont laissés à l’extérieur afin d’observer l'évolution de leur putréfaction dans la nature au fil du temps, ce qui peut aider les médecins légistes à mieux déterminer le moment et la cause de la mort d’un défunt. Et les animaux charognards et nocturnes font partie de la nature. C’est pourquoi les scientifiques ont installé des caméras de surveillance aux alentours pour filmer leurs allées et venues.

des zones incisées

C’est ainsi qu’ils se sont aperçus que des félins sauvages grimpaient régulièrement la nuit par-dessus la clôture pour se nourrir de chair humaine. Le premier chat sauvage observé sur les images de vidéosurveillance s’est concentré sur les tissus mous du bras et de la poitrine - principalement la peau et la graisse – du cadavre d'une femme de 79 ans. Sur ces parties se trouvaient des incisions dues à l’autopsie. Le chat est revenu manger le corps presque tous les soirs pendant une trentaine de jours, puis n'est jamais revenu.

Le deuxième chat étudié quant à lui a ciblé le corps d'un homme de 70 ans. Il a grignoté le long de l'incision sur l'épaule gauche, et a mangé les tissus mous du bras gauche et de l'abdomen. Le chat est revenu dix nuits devant le centre, puis a disparu pendant environ un mois, avant de revenir manger le cadavre deux nuits consécutives. Après quoi il a disparu.

«une décomposition relativement précoce»

«Dans les deux cas rapportés, les chats sauvages ont ciblé des zones où la peau avait été préalablement incisée (lors de l’autopsie, ndlr)», ont écrit les chercheurs. D’autre part, ils ont tous les deux «montré une préférence pour les cadavres dans une décomposition relativement précoce». Les félins ne sont plus revenus lorsque le corps était un état de décomposition trop avancé. «Cela peut s'expliquer par la préférence des félins pour le frais», note l'étude publiée dans le Journal of Forensic Sciences.

Concernant les chats domestiques, les scientifiques expliquent qu'ils sont également tout à fait capables de manger le cadavre de leur maître s’ils se retrouvent enfermés avec lui et sans nourriture. Généralement, ils privilégient des zones exposées ou tendres telles que les lèvres, le nez, ou les mains et les pieds, précisent-ils. Des zones près desquelles les chats sauvages ne se sont pas approchés puisque les corps étaient nus et que d'autres parties du corps étaient plus accessibles.

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