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Tout savoir sur Roger Stone, ce proche de Donald Trump condamné à 40 mois de prison pour avoir menti au Congrès

Roger Stone est un personnage atypique mais indispensable de la vie politique américaine Roger Stone est un personnage atypique mais indispensable de la vie politique américaine. [WIN MCNAMEE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP]

Rarement un conseiller de président aura connu une telle célébrité ces dernières années. Roger Stone, proche de Donald Trump qui a travaillé avec Richard Nixon, Ronald Reagan ou encore George Bush, a été condamné à 40 mois de prison pour avoir menti au Congrès lors de l'enquête sur les ingérences russes lors de la dernière élection présidentielle. Célèbre pour son language outrancier ou ses tenues extravagantes, il était défendu bec et ongles par l'actuel président américain.

Ce qui lui était reproché 

En novembre 2019, il a été reconnu coupable de mensonge au Congrès après avoir assuré qu'il n'avait pas de contact avec WikiLeaks dans le cadre des ingérences russes. 

Depuis, Donald Trump n'hésite pas à tweeter son désaccord quant à cette décision. «C'est une situation horrible et injuste. (...) Je ne peux pas laisser faire cet échec de justice», peut-on lire sur les réseaux sociaux. Cette déclaration fait craindre une ingérence de la Maison Blanche dans une affaire pénale, et crée une vive polémique aux Etats-Unis. Plusieurs procureurs chargés de l'affaire ont d'ailleurs démissionné quelques jours après les tweets du président. 

Le 11 février, les procureurs avaient requis 7 et 9 ans de prison à son encontre. Ce jeudi 20 janvier, il a écopé d'une peine de 40 mois de prison. 

AMI DE LONGUE DATE DE DONALD TRUMP

Que l'on apprécie ou non cette figure de la politique américaine, son importance n'est pas sujette au débat. Ami avec Trump depuis des décennies, il l'a travaillé au corps pendant toutes ces années pour qu'il se présente à l'élection présidentielle. Si l'homme d'affaires n'a pas toujours eu cette volonté, car le poste ne l'intéressait pas, le travaille de fond de Roger Stone a fini par payer en 2016. 

Si les deux hommes se sont brouillés et séparés pendant la campagne, ils sont finalement redevenu proches, en témoignent les nombreux tweets de soutiens du président américain. Au point même de créer une potentielle crise institutionnelle. 

Un méchant de James Bond 

Depuis le début de sa carrière, Roger Stone n'a jamais cessé de jouer un rôle. Souhaitant attirer les yeux sur lui, il n'hésite pas à s'habiller de manière particulière, bien loin des costumes sombres que l'on voit habituellement dans la politique américaine. Prompt à insulter ou organiser des manifestations particulièrement tapageuses, il s'est forgé une image très négative, qu'il revendique dès qu'il le peut. 

Cela lui a même valu d'être suivi pendant plusieurs semaines à l'occasion d'un documentaire, Get Me Roger Stone. «Ceux qui disent que je n'ai pas de principes ou d'âmes sont des perdants», lâche-t-il notamment. Son style et ses provocations ont souvent entraîné des comparaisons avec des méchants de l'univers de James Bond. 

Personnage historique majeur de la politique américaine

Si beaucoup en dehors des Etats-Unis ont découvert ce personnage avec Donald Trump, Roger Stone à une montagne d'expérience avec les républicains. Entré en politique dans l'entourage de Richard Nixon, il a été mis en cause dans le rapport d'enquête du Sénat dans le cadre de l'affaire du Watergate. Très proche de son premier président jusqu'à sa mort en 1994, il a même son visage tatoué entre les deux omoplates. 

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Le tatouage Nixon de Roger Stone (capture écran Youtube - Netflix)

Particulièrement adepte des «coups tordus», à la limite de la légalité, il a notamment été l'un des premiers à diffuser des publicités télévisées diffamatoires pour discréditer les adversaires démocrates. Pour réussir cela, il avait notamment utilisé, voire abusé des comités d'actions politique dans les années 80, qui deviendront les Super Pacs, permettant à des multinationales de financer de manière presque illimitées les personnalités politiques. 

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