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Au Malawi, la sorcellerie laisse des morts dans son sillage

Depuis 2019, c'est au moins 75 personnes qui, au Malawi, ont été lynchées et tuées par des foules vengeresses, car accusées de magie noire. [ARIS MESSINIS / AFP]

Au Malawi, un des pays les plus pauvres du monde, les croyances dans la sorcellerie sont très présentes et influencent très concrètement le mode de vie des habitants. Alors que les meurtres et les lynchages collectifs se multiplient, les autorités locales, alliées aux ONG tentent de trouver des solutions, très souvent inadaptées.

Le Malawi en proie à ses mauvais esprits. Depuis 2019, c'est au moins 75 personnes qui ont été lynchées et tuées par des foules vengeresses, car accusées de magie noire, selon le Centre for Human Rights and Rehabilitation (CHRR), une ONG locale. La semaine dernière encore, les villageois de la ville de Dezda (centre), ont tué un chef traditionnel accusé de sorcellerie par ces derniers.

En 2017, des rumeurs de vampires suceurs de sang se sont répandues dans le sud du pays, entraînant le décès de sept personnes et contraignant les autorités à imposer un couvre-feu, et l'ONU à retirer ses représentants dans la région. 

LORSQUE LE DROIT S'OPPOSE AUX CROYANCES 

Les ONG et les autorités locales ont constitué une commission spéciale chargée de statuer sur la question de la sorcellerie au Malawi. Actuellement, accuser quelqu’un de sorcellerie constitue un délit.

La commission a estimé que cette loi, élaborée sous le régime colonial britannique, part du principe que la sorcellerie n'existe pas, ce qui va à l’encontre des convictions de la plupart des habitants du Malawi. C'est pourquoi, la commission a proposé... que l'on reconnaisse que la magie existe. 

«Les croyances ne peuvent être niées par le droit» écrit Robert Chinangwa, juge retraité de la cour suprême. «La commission recommande que la loi reconnaisse l'existence de la sorcellerie mais rende sa pratique criminelle». 

Criminaliser la sorcellerie pourrait contribuer à calmer ceux qui jouent les justiciers en punissant ceux qu'ils soupçonnent d'en être, estime le directeur du CHHR, Michael Kaiyatsa. Néanmoins, le fait d'obtenir des condamnations liées à la pratique de la magie pourrait s'avérer aussi compliqué que de prouver de manière tangible l'existence de cette dernière. 

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