Le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) a annoncé, samedi 1er mars, un cessez-le-feu avec la Turquie, répondant à l'appel de son chef et fondateur Abdullah Öcalan. L'organisation pourrait ainsi être dissoute, après plus de 40 ans de guérilla.
Après plus de quarante ans de guérilla, Abdullah Öcalan, fondateur du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) en 1978, qui purge une peine de réclusion à perpétuité au large d'Istanbul depuis 1999, s'est exprimé, jeudi 27 février, pour appeler son parti à s'autodissoudre ainsi qu'à déposer les armes.
«Afin d'ouvrir la voie à la mise en œuvre de l'appel d'Apo (oncle, en kurde) à la paix et à une société démocratique, nous déclarons un cessez-le-feu à partir d'aujourd'hui», a annoncé le comité exécutif du PKK, basé dans le nord de l'Irak, dans un message publié par l'agence ANF, proche du parti armé.
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, qui avait initié le dialogue avec le leader historique du PKK, avait qualifié vendredi l'appel lancé par ce dernier «d'opportunité historique d'avancer vers l'objectif de détruire le mur de la terreur». Le chef de l'Etat turc a promis de «veiller de près à ce que le processus engagé soit mené à bien».
Une organisation terroriste
Le Parti des travailleurs du Kurdistan ou PKK est une organisation politique kurde militante et un mouvement armé de guérilla qui opérait historiquement dans tout le Kurdistan, en étant principalement basé dans les régions montagneuses à majorité kurde du sud-est de la Turquie et du nord de l'Irak.
Qualifié de «terroriste» par la Turquie mais aussi les Etats-Unis et l'Union européenne, le PKK livrait une sanglante guérilla sur le sol turc depuis 1984. Le mouvement, d'obédience marxiste-léniniste, souhaitait à l'origine la création d'un Etat kurde indépendant. Il militait depuis plusieurs années pour une autonomie politique au sein de la Turquie.
Des actions menées par la Turquie contre le PKK
Le PKK a ciblé à maintes reprises les forces de sécurité turques. Les attentats ont souvent été revendiqués par les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK), un groupe radical proche du PKK, comme le double attentat de décembre 2016 près du stade de foot de Besiktas, à Istanbul, qui a fait 47 morts, dont 39 policiers, et 160 blessés.
Des négociations avaient été engagées en 2013 entre le gouvernement turc et le PKK, mais Ankara et le groupe armé kurde étaient de nouveau en plein conflit armé depuis la fin d'un fragile cessez-le-feu en 2015.
Les répressions liées au PKK impactaient la vie politique du pays. Le parti d'opposition prokurde, le Parti démocratique du peuple (HDP), accusé de liens avec le PKK, était ainsi la cible d'arrestations, en particulier depuis la tentative de coup d'Etat de 2016.
Pour lutter face au groupe armé kurde, l'armée turque menait régulièrement des opérations contre le PKK en Turquie et dans les zones montagneuses du nord de l'Irak, où il dispose de bases arrières.
![Selon le gouvernement turc, l'auteur de l'attentat serait une femme. [YASIN AKGUL / AFP]](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/000_32nf9hk-taille1200_63713dbba5fc6.jpg?itok=cO6v_OWI)