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Suisse : l'interdiction formelle du symbole nazi dans la Constitution à Genève approuvée lors d'une votation

Une telle interdiction est déjà en cours d'élaboration au niveau fédéral. [Angelos Tzortzinis / AFP]

Une large majorité des habitants de Genève ont approuvé, ce dimanche 9 juin, l'interdiction des symboles de haine, notamment nazis, dans l'espace public, selon les résultats officiels basés sur le dépouillement de plus de 96% des bulletins. Seul le canton de Genève votait sur ce projet de loi.

C'est désormais confirmé. Selon les résultats officiels, environ 85% des Genevois ont approuvé dimanche l'interdiction «d'exhiber ou de porter» dans l'espace public des symboles de haine, notamment nazis.

Une telle interdiction est déjà en cours d'élaboration au niveau fédéral, via une motion adoptée en avril par les députés suisses. Celle-ci charge le gouvernement de créer, dans une loi spéciale, une base légale régissant l'interdiction de l'utilisation et de la diffusion publiques de symboles nazis ou de variations de ces symboles.

Depuis plus d’un an, les citoyens Suisses et élus régionaux, principalement dans le canton de Genève, se plaignaient de l’exhibition tolérée du symbole nazi dans leur pays. En conséquence, les Génevois devaient voter ce dimanche 9 juin afin d’inscrire ou non dans leur Constitution «l’interdiction des symboles de haine».

Comme l'expliquait le quotidien suisse Le Temps avant la votation, la majorité des partis politiques encouragaient le «oui», à l’exception de l’Union démocratique du centre (UDC). Un parti conservateur et nationaliste dont l’un des membres, Thomas Bläsi, petit-fils d’un rescapé du camp de concentration de Mauthausen, avait pourtant proposé ce texte au Grand conseil l’année passée.  

Celui-ci avait soulevé un problème dans le système politique Suisse, qu’il considère comme une «lacune législative» : «une personne peut se promener avec un uniforme SS ou un svastika sans être inquiété… à moins qu’elle ne diffuse activement un message d’incitation à la haine», ajoutant que «les symboles à eux seuls ne suffisent pas pour que la police agisse». Pour lui, une croix gammée est explicite, «elle représente une idéologie haineuse dangereuse».

«Empêcher les idées nazies de s’exprimer»

En effet, l’exhibition de symboles nazis n’est pour le moment pas interdite en Suisse, tant qu’elle n’est pas assortie d’un message ou autre propos raciste ou antisémite, contrairement à de nombreux pays comme la France, la Belgique, l’Allemagne ou encore le Brésil et la Russie. Cela avait notamment suscité l’indignation de la population lorsqu’un drapeau nazi avait été exhibé au cours d’une bourse aux armes, à Forum Fribourg, en janvier 2023.

Après cet épisode, plusieurs élus régionaux avaient présenté le fameux texte voté ce dimanche 9 juin. «Il n’y a pas de mesures qui soient trop tardives pour empêcher les idées nazies de s’exprimer à travers ces objets», avait affirmé le député libéral Alexis Barbey, cosignataire du texte.

Une députée avait déjà déposé une motion en 2021, face à la banalisation de ces symboles dans les espaces publics suisses. Le gouvernement fédéral avait alors répondu que la meilleure arme restait la prévention et qu’il fallait «accepter que des idées dérangeantes puissent être exprimées même si la majorité les trouve choquantes».

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