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La Suisse rejette l'initiative anti-immigration visant à plafonner la population du pays

Actuellement, le pays compte 9,5 millions d'habitants, dont les étrangers représentent plus d'un quart de la population. [ROBERT HRADIL / GETTY IMAGES EUROPE / GETTY IMAGES VIA AFP]

Les Suisses ont majoritairement rejeté, ce dimanche, l'initiative populaire visant à plafonner la population du pays pour limiter l'immigration.

Les Suisses ont dit non à la limitation de l'immigration. Le vote sur l'initiative anti-immigration a basculé en faveur du non à 54%. Portée par la droite radicale, l'initiative visait à plafonner la population du pays alpin. Le scrutin a enregistré une forte participation, proche de 59%.

Le ministre suisse de la Justice et de la Police a réagi devant la presse, saluant le résultat de ce vote. «Par leur décision d'aujourd'hui, les citoyennes et citoyens ont donné un signal de stabilité, d'ouverture et de fiabilité», a déclaré Beat Jans en conférence de presse.

«Nous sommes très soulagés et heureux. C'est un résultat important pour notre pays et pour nos relations avec l'UE», a réagi, de son côté, la directrice de l'organisation patronale d'économie suisse, Monika Rühl, à la télévision publique RTS. 

L'initiative rejetée par une majorité de cantons

L'adoption de cette initiative aurait en effet pu compromettre les relations entre la Suisse et l'Union européenne, son principal partenaire commercial, avec laquelle elle entretient des liens économiques étroits malgré sa non-appartenance à l'UE.

A noter que la proposition a été rejetée par une majorité de cantons. Les scores les plus élevés en faveur du non ont notamment été enregistrés à Bâle-Ville (73,48%), Neuchâtel (67,26%) et Genève (65,42%).

Le patron de l'UDC, Marcel Dettling, s'est dit déçu par les résultant. «C'est un dimanche décevant pour nous, mais aussi pour toute la Suisse», malgré un large soutien dans les zones rurales, a-t-il déclaré aux journalistes.

Le seuil symbolique des 10 millions d'habitants

Cette initiative était portée par le premier parti du pays, l'Union démocratique du centre (UDC, droite radicale). Elle visait à limiter l'immigration afin d'empêcher que la population résidente permanente ne dépasse les 10 millions d'habitants d'ici à 2050.

Actuellement, le pays compte 9,5 millions d'habitants, dont les étrangers représentent plus d'un quart de la population.

Si ce seuil de 10 millions était dépassé, la Suisse devrait alors dénoncer l'accord de libre circulation avec l'Union européenne dans les deux années suivantes. D'autres accords bilatéraux portant notamment sur l'asile ou la sécurité seraient également remis en cause.

Le gouvernement s'opposait à l'initiative

Les principaux arguments des promoteurs de cette initiative portaient sur la pénurie de logements, la hausse des loyers, un système de santé sous tension, des trains bondés, une baisse de la qualité de l'enseignement, une augmentation de la criminalité, le bétonnage des paysages ou encore les embouteillages.

Cette mesure était combattue par le gouvernement, le Parlement, les principaux partis politiques, le patronat et les syndicats. Selon le gouvernement, l'initiative «menace la prospérité, le bon fonctionnement de la société, la sûreté intérieure et la tradition humanitaire de la Suisse».

Dans un référendum distinct, les Suisses ont toutefois accepté un projet du gouvernement visant à durcir les conditions d'accès au service civil afin de préserver la primauté du service militaire, avec près de 53% de votes favorables.

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