Les Suisses sont appelés ce dimanche 14 juin à voter sur un projet porté par l'Union démocratique du centre (UDC, droite radicale), qui vise à plafonner la population du pays. Un scrutin qui s'annonce serré, avec un léger avantage au «non» dans les sondages.
«Pas de Suisse à 10 millions !». Les citoyens de la Confédération helvétique sont appelés aux urnes, ce dimanche 14 juin, sur un référendum anti-immigration visant à plafonner la population du pays. Porté par le parti de droite radicale Union démocratique du centre (UDC), cette initiative vise à limiter l’immigration afin d’empêcher que la population résidente permanente dépasse les 10 millions d’habitants d’ici à 2050.
Depuis l'instauration de la libre circulation des personnes avec l'UE en 2002, la population suisse a augmenté d'environ 1,7 million de personnes, principalement en raison de l'immigration, qui provient en grande majorité des pays européens.
L'initiative prévoit que si la population suisse dépasse 9,5 millions d'habitants avant 2050, les autorités devront prendre des mesures correctives, notamment en matière d'asile et de regroupement familial. Selon l'UDC, ce mécanisme permettrait encore l'arrivée d'environ 40.000 immigrés par an, la Suisse comptant déjà quelque 9,1 millions d'habitants.
Un scrutin très serré
En décembre 2025, un sondage pour le média suisse Tamedia estimait que 48% de voix penchaient pour le «oui», contre 41% pour le «non» et 11% d’indécis. En septembre, une enquête publiée par la «Neue Zürcher Zeitung» suggérait des résultats très proches, avec 48% de personnes favorables ou plutôt favorables, contre 45% de «non» ou «plutôt non».
Mais au fil des mois et des débats, le camp du «non», soutenu par la plupart des grands partis suisses, le gouvernement fédéral et le Parlement, a pris le dessus. Fin avril 2026, une nouvelle enquête de l’institut LeeWas pour 20 Minutes et Tamedia donnait 52% au «oui» et 46% au «non». Six semaines plus tard, le 3 juin, la même enquête donne des résultats presque symétriques : le «oui» n’est plus qu’à 47% (- 5 points) contre 52% pour le «non» (+ 6 points).
On observe la même trajectoire du côté de l’institut gfs.bern pour le groupe audiovisuel public SSR. Le 3 juin, le «oui» est donné à 45% (-2 points par rapport au précédent sondage du 8 mai) et le «non» à 52% (+5). Le 27 mai, un sondage YouGov donne enfin 43% des voix au «oui» et 51% au «non».
Des conséquences sur les pays européens
Bien que la Suisse ne soit pas membre de l’Union européenne, elle entretient avec celle-ci des liens économiques très étroits grâce à de nombreux accords bilatéraux qui facilitent les échanges et renforcent leur interdépendance. Or ces accords pourraient être remis en cause par un vote positif.
«Pénurie de logements, hausse des loyers, bétonnage du paysage, des bouchons, trains bondés, augmentation de la criminalité, système de santé à bout et baisse de la qualité de l'enseignement» sont les principaux arguments des promoteurs de cette initiative.
«La Suisse est un petit pays qui n'est pas extensible» et nous «ne voulons pas accueillir l'Europe entière ni toute la misère du monde», a déclaré Yvan Pahud, député UDC.