L’ex-président américain Donald Trump a été victime d’une tentative d’assassinat ce samedi 13 juillet au soir alors qu’il était en plein meeting en Pennsylvanie. L’arme utilisée par le suspect est un AR-15. Il s’agit d’un fusil au cœur de plusieurs tueries de masse survenues depuis le début des années 2000 aux Etats-Unis.
Une arme qui a coûté la vie à beaucoup de victimes. Coiffé de son habituelle casquette rouge «Make America Great Again», le candidat républicain à la présidentielle américaine et ancien locataire de la Maison Blanche, Donald Trump, a été visé par une tentative d’assassinat lors d’un meeting à Butler, en Pennsylvanie, ce samedi 13 juillet au soir.
L’homme de 78 ans a été touché à l’oreille tandis qu’un spectateur, présent au meeting, a été tué. Alors que le tireur présumé, identifié comme étant Thomas Matthew Crooks, a été abattu par le Secret Service, un fusil semi-automatique de type AR-15 a été retrouvé auprès de son corps. Une arme qui aurait donc été utilisée dans la tentative d’assassinat du 45e président des Etats-Unis.
L’AR-15 est une arme semi-automatique très répandue, voire la plus vendue, outre-Atlantique. Concernant les lettres «AR», celles-ci font référence à «ArmaLite (premier constructeur de l’AR-15 : ndlr) Riffle», soit «fusil de l'ArmaLite». Selon les données de l'agence Associated Press, entre 16 et 25 millions de personnes posséderaient un AR-15 dans le pays.
Une arme militaire devenue «civile»
Ce fusil a été conçu dans les années 1950 par Eugene Stoner alors qu’il travaillait pour l’entreprise d’armement ArmaLite, le but étant de le rendre plus léger que d’autres conceptions antérieures, cela en incorporant dans sa réalisation des matériaux modernes tels que l’aluminium et des polymères.
Trois ans plus tard, en 1959, ArmaLite a vendu les droits de l’AR-15 à Colt Industries. Ce dernier a alors changé le design du fusil et l’a commercialisé sous le nom de «M16» auprès de l’armée américaine. Cette même arme, en l'occurrence le M16, a été utilisée par les forces combattantes américaines durant la guerre du Vietnam, en raison de sa légèreté, sa précision et sa capacité à tirer en rafale.
Ce n’est qu’après le succès militaire du M16 que Colt Industries a décidé de commercialiser la version semi-automatique pour le marché civil, l’AR-15 devenant ainsi populaire auprès des tireurs sportifs, des chasseurs et des armateurs d’arme à feu.
Petit à petit, ce fusil semi-automatique a conquis le «grand public» ou plutôt un public qui n’était pas forcément fasciné par les armes à feu. La popularité de l’AR-15 s’explique d’abord par sa modularité. En effet, il s‘agit d’une arme pouvant être personnalisée et modifiable. On peut donc y ajouter une variété d’accessoires et de composants.
présent dans les jeux vidéo et les films
De plus, l’AR-15 est réputé pour sa précision, sa fiabilité et sa facilité d’entretien. S’ajoutent à cela les nombreuses variantes produites par d’autres fabricants augmentant ainsi la disponibilité, la visibilité et la diversité des modèles sur le marché. En pleine ascension, l’AR-15 est souvent mis en avant aux Etats-Unis dans les films et les jeux vidéo américains comme le célèbre «Call of Duty».

À tous ces arguments s’ajoute un contexte historique remontant à 1994. Cette année-là, le président américain Bill Clinton avait signé une loi interdisant durant dix ans certaines armes semi-automatiques considérées comme des armes d’assaut à la suite de plusieurs fusillades impliquant des AK-47 et des Mac-10.
À l’époque, les fabricants de l’AR-15 avaient apporté quelques modifications afin que leur arme soit conforme à la loi et le fusil ne figurait pas sur la liste des armes interdites. Ce qui a poussé les Américains à opter pour l’option «AR-15» à l’heure où la vente des armes concurrentes était devenue interdite.
Des fusillades aux Etats-Unis et en Europe, beaucoup de victimes
Néanmoins, l’année 2004 a été un tournant dans l’histoire de l’AR-15. En effet, après l'expiration de la prohibition de 1994 cette année-là, les ventes de ce fusil semi-automatique ont été boostées.
Bien qu’il soit célèbre, l’AR-15 est également au centre de nombreuses controverses. Concrètement, cette arme a fait beaucoup de victimes aux Etats-Unis depuis le début des années 2000 et jusqu’à l'année dernière.
Dans le détail, elle a été utilisée dans 10 des 17 tueries les plus meurtrières aux Etats-Unis entre 2012 et 2023 dont Sandy Hook en 2012 (26 morts), Orlando en 2016 (50 morts), Las Vegas (60 morts) et Sutherland Springs (26 morts) en 2017, Parkland en 2018 (17 morts), et Uvalde en 2022 (22 morts).
Elle a aussi été utilisée dans les massacres de Buffalo, Boulder, Aurora, Waffle House, San Bernardino et les fusillades des synagogues de Poway et de Pittsburgh. De nombreuses tueries en masse ayant suscité des appels à des réglementations plus strictes sur les armes à feu. Les critiques soulignaient que la capacité de l'AR-15 à infliger des blessures graves et sa facilité d'accès en font une arme dangereuse lorsqu'elle est mal utilisée.
En Europe, l’AR-15 a été impliqué dans l’attentat du 16 octobre 2023 à Bruxelles, dans lequel deux Suédois avaient été tués.
![Maxime Brunerie, 25 ans à l'époque, avait été interpellé et mis en examen pour «tentative d'assassinat» [AFP]](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/000_app2002071938753-taille1200_6693aa0658572_0.jpg?itok=6cGqUjhh)
![Alors que l’ex-président américain dénonçait l’immigration illégale, quatre coups de feu ont retenti avant que l’un d’eux ne blesse Donald Trump à l’oreille. [Brendan McDermid/Reuters]](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/2024-07-14t061112z_1221963923_rc2mu8ald3gb_rtrmadp_3_usa-election-trump_66939872eb7cf_0.jpg?itok=quG8UsVu)