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Présidentielle américaine 2024 : la classe politique française est-elle plutôt Donald Trump ou Kamala Harris ?

Si les opinions politiques divergent, le camp présidentiel semble pencher en faveur de Kamala Harris. [©Jim Watson, Brendan Smialowski/AFP]

Alors que ce mardi 5 novembre sonnera la fin de la campagne présidentielle américaine, la classe politique française préfère t-elle assister au sacre de Donald Trump ou de Kamala Harris ? Si l'opinion publique est tranchée, la sphère politique, elle, semble plus indécise.

La France passe à l'heure américaine. Alors que Kamala Harris et Donald Trump s'agitent en ce jour d'élection présidentielle, la classe politique française a t-elle choisi son camp ? D'après les déclarations, le milliardaire américain semble avoir moins de succès dans l'Hexagone que de l'autre côté de l'Atlantique. 

LFI ne veut ni donald trump, ni kamala harris

Si Donald Trump tentait sa chance pour l'Elysée, le candidat ne serait pas élu président. Selon un sondage Elabe, seuls 13% des Français souhaitent le voir remporter l'élection américaine, contre 64% en faveur de Kamala Harris. Une étude qui contraste avec les statistiques outre-Atlantique, qui offrent une issue imprévisible au duel républicain-démocrate. 

Mais qu'en est-il du côté de la classe politique ? Dans le camp de la France Insoumise, les avis sont tranchés. «Bien évidemment, les Insoumis ne veulent pas de la victoire de Donald Trump» souligne le coordinateur du parti Manuel Bompard sur Public Sénat. Une opinion rejointe par celle de Mathilde Panot. «Ce serait une très mauvaise nouvelle que Trump revienne au pouvoir pour toutes celles et ceux qui luttent contre l'extrême droite», a affirmé la cheffe des députés LFI sur France 2.

Le parti au symbole «phi» n'est néanmoins pas plus emballé par la candidate démocrate. La France Insoumise «n'accueille pas la candidature de Kamala Harris avec beaucoup d'enthousiasme», selon Manuel Bompard. Des divergences dûes principalement à son «positionnement sur les questions internationales», et notamment sur le conflit au Proche-Orient.

Un RN «éloigné» du candidat républicain

Le Rassemblement National, de son côté, affiche une certaine distance avec le milliardaire américain, ses outrances ne correspondant plus à la volonté de dédiabolisation entamée par Marine Le Pen. Sans oser trop se mouiller, le député du parti à la flamme Jean-Philippe Tanguy a déploré dimanche la présentation «caricaturale» faite selon lui par les médias français des élections américaines, où Donald Trump serait «une espèce de nouveau fasciste» et Kamala Harris «le messie», sans pour autant afficher de soutien clair au candidat républicain.

Un avis moins tranché que celui qui transparaît dans le discours de Jordan Bardella. «Je ne suis pas citoyen américain, donc je respecterai le vote des électeurs américains. Donald Trump défend l'intérêt des Américains et défend une forme de fierté américaine. Et j'aime ce patriotisme» a déclaré le président du RN sur France 2.

Les autres partis ont-ils choisi leur camp ?

Si la majorité de la sphère politique redoute un retour au pouvoir du républicain, ce n’est pas le cas d’Eric Ciotti. Le patron de l’Union des droites pour la République (UDR) a estimé que Donald Trump «sera plus à même de régler ce qui nous menace aujourd’hui» comme «les conflits au Moyen-Orient et en Ukraine». L’administration démocrate, quand à elle, serait «incapable» d’y mettre fin dans l’objectif de «laisser prospérer le chaos pour leurs intérêts», notamment économiques, d'après les mots du député des Alpes-Maritimes, invité de Sud Radio. 

Du côté des membres du gouvernement, le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères reste flou. «C’est une élection très importante. Je souhaite qu’elle se déroule dans des conditions apaisées, ce qui ne semble pas être absolument garanti» a déclaré le chef de la Diplomatie française sur BFMTV, en référence à l’attitude imprédictible de Donald Trump en cas de défaite aux élections. 

En revanche, l'éventuelle victoire du candidat républicain à la présidentielle inquiète certains membres du camp présidentiel, à l'image de Roland Lescure. «Les enjeux sont réels», a affirmé au HuffingtonPost l’ancien ministre, actuel député des Français d’Amérique du Nord. «Sur l’Ukraine, il y a un risque majeur de désengagement dès le premier jour, avec toutes les conséquences que ça peut avoir sur la sécurité de l’Europe» a ajouté le membre de Renaissance. 

Du point de vue des Verts, la sénatrice EELV Mélanie Vogel a appelé sur X à «soutenir Kamala Harris, seule candidate en mesure d’empêcher Trump de se réinstaller à la Maison Blanche». 

La classe politique hexagonale, bien que suivant de près la présidentielle américaine, adopte donc un certain relativisme et s'abstient, en majorité, d'apporter un soutien officiel à l'un des deux candidats.

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