Alors que le président de la Corée du Sud, Yoon Suk-yeol, risque d’être destitué ce samedi 7 décembre, sa formation, le Parti du pouvoir au peuple (PPP), demande sa démission «rapide».
Le propre parti du président sud-coréen, le Parti du pouvoir au peuple (PPP), a demandé ce vendredi 6 décembre le départ «rapide» de Yoon Suk-yeol, estimant que son maintien au pouvoir représente «un grand danger» pour le pays après son coup de force manqué en début de semaine.
En effet, Yoon Suk-yeal avait, en plein milieu de la nuit, proclamé par surprise l’instauration de la loi martiale et fait déployer l’armée dans la capitale de Séoul, avant de faire volte-face après le vote du Parlement unanime contre cette décision.
200.000 manifestants attendus
En attendant le vote de la motion de destitution ce samedi 7 décembre, plusieurs députés de l’opposition ont décidé de camper dans le Parlement, alors que le président a disparu de l’espace public depuis mercredi, à l’aube.
La police sud-coréenne redoute également, en même temps que l’examen de la motion, des manifestations réclamant le départ de Yoon Suk-yeol, directement devant le Parlement. Les organisateurs prévoient 200.000 manifestants.
la peur d'un deuxième coup de force
Si Yoon Suk-yeol reste à son poste, «il existe un risque important que des actions extrêmes similaires à la déclaration de la loi martiale se reproduisent, ce qui pourrait mettre la République de Corée et ses citoyens en grand danger», a déclaré le chef du PPP, Han Dong-hoon, à la télévision sud-coréenne.
Ce dernier a également affirmé détenir des «preuves» que l’actuel président avait ordonné l’arrestation de dirigeants politiques dans la nuit de mardi à mercredi, alors que quelque 280 soldats tentaient simultanément de prendre le contrôle du Parlement.
«Au vu de nouveaux éléments, je crois qu’une suspension rapide du président Yoon Suk-yeol est nécessaire», a-t-il estimé.
D’après le député de l’opposition Jo Seung-Iae, des images de caméras de surveillance du Parlement indiqueraient que les militaires avaient cherché à s’emparer du chef de l’opposition Lee Jae-myung, mais aussi du président de l’Assemblée nationale Woo Won-shik, et de Han Dong-hoon lui-même. Le bureau du président a démenti ces accusations.
une possible élection dans 60 jours
Si le président ne démissionne pas avant samedi 7 décembre, à 19h, il faudra une majorité de 200 députés votant la motion de destitution, sur 300.
Le PPP dispose de 108 sièges, contre 192 pour l'opposition qui doit donc rallier à sa cause au moins huit députés du parti au pouvoir. Une tâche qui devrait s'annoncer aisée après les déclarations du chef du PPP.
Si le texte est approuvé, Yoon Suk-yeol sera suspendu en attendant la validation de la destitution par la Cour constitutionnelle. Cette dernière confirmée, une nouvelle élection présidentielle aura lieu sous 60 jours. L’intérim sera alors assuré par le Premier ministre sud-coréen, Han Duck-soo.
![De nombreux Sud-Coréens manifestent pour réclamer la destitution du président Yoon Suk-yeol, après sa tentative d'imposer la loi martiale dans le pays. [Kim Kyung-Hoon / REUTERS]](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/2024-12-05t082333z_2138347709_rc2viba54eol_rtrmadp_3_southkorea-politics-taille1200_6751758462d88_0.jpg?itok=p_7dI3mU)
![«Pour protéger la Corée du Sud libérale des menaces posées par les forces communistes nord-coréennes et éliminer les éléments hostiles à l’Etat, je déclare la loi martiale d’urgence», a déclaré le président Yoon Suk Yeol. [REUTERS/Kim Hong-Ji]](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/2024-12-03t163752z_1766140191_rc2shbasyu93_rtrmadp_3_southkorea-politics-taille1200_675041648e6b1.jpg?itok=6cDps4nm)