Les circonstances du crash de l'Embraer 190 de la compagnie Azerbaijan Airlines, qui a fait au moins 38 morts sur les 67 personnes à bord mercredi dernier, sont encore incertaines. Mais la piste d'un tir de missile russe n'est pas à écarter : la compagnie aérienne évoque une «interférence externe».
L'enquête ne fait que commencer. Deux jours après le crash d'un avion de ligne Embraer 190 de la compagnie Azerbaijan Airlines au Kazakhstan, qui a tué au moins 38 personnes sur les 67 présentent à bord, plusieurs pistes sont envisagées pour expliquer l'accident.
La compagnie aérienne Azerbaijan Airlines affirme aujourd'hui que le crash de l'avion est dû à une «interférence externe, physique et technique», selon des résultats préliminaires de leur enquête.
«Les résultats préliminaires de l'enquête sur le crash de l'Embraer 190" font état "d'une interférence externe, physique et technique», a ainsi indiqué Azerbaijan Airlines sur Telegram, dans une version actualisée de son annonce des suspension des vols vers plusieurs villes russes.
Un système de défense antiaérienne russe
Selon un responsable américain et différents médias citant des sources gouvernementales azerbaïdjanaises, la piste d'un tir de missile de la défense antiaérienne russe de Grozny, où l'avion devait atterrir, est privilégiée.
Aucun des pays impliqués n’a pour l’heure publiquement confirmé cette version, alimentée par des images d’impacts sur l’épave de l’appareil, et selon laquelle l’appareil aurait subi un ou plusieurs tirs lors son approche de l’aéroport de Grozny, en Russie, avant de réussir à voler jusqu’au Kazakhstan où il s’est écrasé. Plus tôt, Moscou avait mis en garde contre les «hypothèses» formulées avant la fin de l’enquête.
L'appareil, qui transportait 67 passagers et membres d'équipage, assurait mercredi un vol entre Bakou, capitale de l’Azerbaïdjan, et Grozny, capitale de la république caucasienne russe de Tchétchénie. Il s’est écrasé et a pris feu dans des circonstances encore floues près d’Aktaou, un port de la mer Caspienne situé dans l’ouest du Kazakhstan et loin de sa destination, faisant au moins 38 morts, selon les autorités de ce pays d’Asie centrale.
missile russe sol-air
L’appareil aurait été touché par un missile russe sol-air, tiré à partir d’un système de défense aérienne Pantsir-S près de Grozny, a indiqué Caliber, un site azerbaïdjanais pro-gouvernemental, citant des responsables sous couvert d’anonymat. Selon cette hypothèse, reprise dans d’autres médias locaux et internationaux, il aurait donc continué son vol après avoir été touché jusqu’au Kazakhstan, où il s’est écrasé.
La maniobra del piloto salvo vidas. El avión de la aerolínea AZAL de AZERBAIYÁN que cayó en KASAJISTAN fue DERRIBADO. la aeronave muestra huellas de metralla antiaerea.⚠️⚡⚠️ pic.twitter.com/ZcJtE1kcSo
— Aibril. (@Ai_bril) December 26, 2024
Les premières informations pointent vers la responsabilité d’un système russe de défense antiaérienne, a également affirmé jeudi un responsable américain sous couvert de l’anonymat. L’appareil devait atterrir en Tchétchénie, où des attaques de drones ukrainiens avaient été rapportées ces dernières semaines. Mercredi, les autorités russes avaient fait part de frappes de drones dans deux régions voisines de la Tchétchénie, l’Ossétie du Nord et l’Ingouchie, à des centaines de kilomètres de la ligne de front ukrainienne.
La piste d’un missile russe avait été évoquée par des experts militaires et d’aviation après la publication des images d’impacts transperçant le fuselage de l’avion. Un blogueur et expert militaire russe, Iouri Podoliaka, a assuré sur Telegram que ces traces étaient similaires à celles qui pourraient être causées par «un système de missiles antiaériens». Un ancien expert du Bureau d’enquêtes et d’analyses pour la sécurité de l’aviation civile (BEA) a évoqué auprès de l’AFP le «témoignage d’un passager qui aurait reçu des éclats dans son gilet de sauvetage».
Oiseaux ou explosion d'un ballon ?
Selon cet expert, qui témoigne de façon anonyme, cela «rappelle le MH17», un avion de Malaysia Airlines dont l’explosion au-dessus de l’Ukraine en 2014 a été imputée par la justice néerlandaise au tir d’un missile russe. Le crash avait fait 298 morts. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a estimé jeudi qu’«il serait inapproprié d’émettre des hypothèses avant les conclusions de l’enquête». Les autorités du Kazakhstan, proche allié de la Russie, ont aussi dénoncé des «spéculations». Azerbaijan Airlines avait affirmé dans un premier temps que l’avion avait percuté une nuée d’oiseaux, avant de retirer cette information.
Le ministre des transports du Kazakhstan Marat Karabaïev a lui évoqué jeudi «l’explosion d’un ballon» à bord. Le ministère kazakh de l’Intérieur a ouvert une enquête pour «violation des règles de sécurité et d’exploitation du transport aérien». Les deux boîtes noires qui enregistrent les données de vol ont été retrouvées, selon un procureur régional kazakh cité par l’agence de presse Kazinform. Selon le ministère kazakh des Situations d’urgence, «29 survivants, parmi lesquels trois enfants, ont été hospitalisés».
Le président russe Vladimir Poutine a exprimé ses «condoléances» à son homologue azerbaïdjanais, selon le Kremlin. Ilham Aliev se trouvait pour un sommet en Russie au moment du crash, et est rentré précipitamment à Bakou.