Les partenaires de la coalition «Arizona» en Belgique ont déposé un projet de loi pour comptabiliser les heures passées dans les transports comme des heures de travail, sous certaines conditions. Un débat ouvert à l'heure où les déplacements prennent de plus en plus de place sur une journée travaillée.
Les membres de la coalition «Arizona» en Belgique examinent la possibilité de comptabiliser les heures de travail effectuées lors d’un trajet en train et pour certains bus. «TéléTRAINvail», c’est le nom donné à cette mesure semblable au télétravail, mais appliquée lors des déplacements.
Elle permettrait, explique la coalition, de «mieux lisser la fréquentation des routes et des trains durant la journée». Le parti précise également que cela sera possible «dès que les trains seront mieux équipés (tablettes, prises, WiFi ou couverture 4G suffisante sur l’ensemble du réseau ferroviaire)».
Dans le détail, cette proposition permettrait aux salariés de nombreuses entreprises de passer moins de temps au bureau, puisque les heures de transport seraient décomptées comme des heures de travail, mais aussi de mieux répartir leur temps dans la journée. Les salariés pourraient ainsi quitter plus tard le domicile ou plus tôt le lieu de travail.
Cette proposition doit néanmoins se mettre en place via une convention entre les employeurs et les employés, qui imposerait certaines conditions avec des objectifs de travail à remplir pendant les heures de déplacement.
des «coûts élevés d’implémentation»
Selon la RTBF, une proposition similaire figure déjà sur le site officiel des Engagés (parti politique belge francophone centriste et social-libéral). «Les prestations réalisées sur le trajet domicile-travail pourront être reconnues par l’employeur comme des heures de travail à ne plus accomplir au bureau», peut-on lire sur leur site internet.
«Le «téléTRAINvail» sera reconnu de la même manière que le télétravail, selon une convention ad hoc entre l’employeur et l’employé, qui clarifiera les droits et devoirs de chacun. Cette pratique sera promue auprès des entreprises et des administrations», est-il également précisé.
Le parti liste toutefois un certain nombre de freins à cette proposition, à commencer par le manque de prises de courant ou de places assises dans les trains, de même que l’absence de réseau WiFi dans les wagons. Il précise aussi que cela représente des «coûts élevés d’implémentation».
Pour améliorer cela, le parti rappelle que la SNCB (compagnie ferroviaire belge) a lancé un appel aux opérateurs télécom afin d’améliorer la qualité du signal et compte développer le «decoting», une technique visant à «modifier le vitrage et optimiser la réception du signal».