Les lauréats du «Travel Photographer of the Year 2024» ont été annoncés. Grande gagnante du concours, l'Américaine Piper Mackay a été sacrée «Photographe de voyage de l'année» pour ses magnifiques images en infrarouge réalisées en Afrique.
Le jury du «Travel Photographer of the Year» (TPOTY), a dévoilé le 26 janvier le palmarès de l'édition 2024. Composé de professionnels de la photo, les quinze membres du jury ont sélectionné les gagnants de cette 22e édition du concours à partir d'un corpus de plus de 20.000 images, soumises par photographes amateurs ou professionnels en provenance de plus de 150 pays.
Pour la deuxième année consécutive, le grand prix a été décerné à une femme photographe de talent, l'Américaine Piper Mackay succédant ainsi à la Slovène Andreja Ravnak. Elle a reçu le titre de «Photographe de voyage de l'année», la plus haute distinction du concours pour ses sublimes photos en infrarouge noir et blanc, qu'il s'agisse de ses portraits de femmes nomades ou semi-nomades d'Afrique, ou bien encore de ses clichés de girafes au Kenya.
Quant au «Jeune Photographe de voyage de l'année», prix du concours réservé aux moins de 18 ans, celui-ci a été attribué à Raymond Zhang, Chinois de 14 ans, pour un portfolio consacré à l'équipage d'une vieille locomotive à vapeur encore utilisée dans une mine de charbon, en Chine.
Co-fondé en 2003 par le photographe britannique Chris Coe, ce prestigieux concours a pour objectif de refléter la diversité de la photographie de voyage, en récompensant un large éventail de sujets en provenance des quatre coins du globe.
grande gagnante, prix du photographe de voyage de l'année

L'Américaine Piper Mackay a été déclarée grande gagnante du concours général du TPOTY en devenant la «Photographe de voyage de l'année», pour un portfolio de huit images prises en infrarouge noir et blanc, composé pour moitié par de magnifiques portraits de femmes nomades ou semi-nomades vivant au Kenya, en Ethiopie ou en Angola, et pour l'autre de photos de girafes évoluant librement dans les plaines majestueuses de la réserve nationale du Masaï Mara et du parc national d'Amboseli, au Kenya.


«Ce prix vient couronner la passion de ma vie et mon travail à travers l'Afrique depuis plus de vingt ans. Il n'y a pas de plus grand honneur !», a-t-elle déclaré.


Depuis 2004, la photographe américaine vit au Kenya et sillonne les étendues sauvages de l'Afrique. Initialement inspirée par la beauté sauvage, elle a commencé par des images aux couleurs vibrantes. Avec l'évolution de la technologie, elle est passée à un style monochrome sophistiqué, revisitant les lieux sauvages qu'elle a explorés pour créer des images puissantes et évocatrices. Son travail photographique a été présenté dans des institutions réputées comme le Smithsonian National Museum of Natural History à Washington D.C., publié dans de nombreuses revues de renom, et a remporté plusieurs prix prestigieux.



«Les images de Piper Mackay illustrent bien cet idéal du "moins, c'est mieux". Elles sont magnifiquement composées et célèbrent à la fois les femmes indigènes et la faune de la savane africaine. L'utilisation du noir et blanc, avec un appareil photo converti à l'infrarouge (IR), permet d'absorber les détails et l'atmosphère qu'un bon monochrome transmet si bien. Ses images ont un impact immédiat, mais les détails complexes et l'atmosphère capturés attirent également l'attention et sont très intéressants», a expliqué Chris Coe, fondateur du TPOTY.
prix du jeune photographe de voyage de l'année


Âgé de 14 ans seulement, le Chinois Raymond Zhang a été sacré «Jeune Photographe de voyage de l'année» pour son portfolio de 4 images qui documentent le travail de l'équipage d'une vieille locomotive à vapeur encore en usage, dans la mine de charbon de Sandaoling, dans la province du Xinjiang, au nord-ouest de la Chine.


1er prix - meilleure photo unique dans un portfolio : nature, faune et fonds marins

«Couché dans la neige à la première lueur du jour, un chat de Pallas, appelé aussi manul, s'est retrouvé recouvert de givre à cause de la température glaciale de -35 °C qui règne dans la région des steppes de l'est de la Mongolie. Après une nuit passée probablement à chasser, le félin s'est offert au matin un peu de repos, en se camouflant, tapi au sol», a indiqué Joshua Holko, photographe naturaliste australien spécialisé dans les régions polaires du globe.
1er prix - portfolio : planète terre - paysages, climat et eau


«Une chute d'eau sculpte le paysage du glacier Bråsvell, au Svalbard. La fonte accélérée des calottes glaciaires et des glaciers dans nos régions polaires nous fera perdre une grande partie de cet environnement fragile à cause du changement climatique. En se déversant dans l'océan, ces eaux accélèrent les menaces qui pèsent sur les côtes du monde entier, soulignant l'urgence de lutter contre le changement climatique pour protéger les écosystèmes vulnérables et les populations humaines», a expliqué l'Israélien Roie Galitz, photographe naturaliste, écologiste et explorateur dont le travail attire l'attention sur la beauté fragile de notre planète depuis plus de vingt ans.
1er prix - photo unique : villes, villages et rues

«Devant la majestueuse statue du Bouddha Dordennma à Thimphu, au Bhoutan, des adolescents bhoutanais portant l'habit traditionnel masculin appelé "gho", jouent au baseball dans la rue, mêlant tradition et modernité. Cela reflète le développement qu'à connu ce sport, ces dix dernières années, dans ce petit pays himalayen, inspiré par la vision du Prince du Bhoutan Jigyel Ugyen Wangchuck, qui souhaitait développer une culture sportive dans son royaume. Ce jeu sur béton fait écho à leurs humbles débuts, symbolisant la ténacité et l'espoir pour l'avenir du baseball bhoutanais», a déclaré Matt Desantis, photographe américain installé au Bhoutan depuis 2013. C'est d'ailleurs à cette date qu'il a introduit le baseball sous l'impulsion du Prince Jigyel Ugyen Wangchuck, participant ainsi la reconnaissance de celui-ci comme sport national. Matt Desantis est également le fondateur de MyBhutan, la boutique de voyages de luxe du Bhoutan, et d'une entreprise technologique, Beyul Labs, qui fournit la première plate-forme de paiement en ligne du pays.
1er prix - portfolio : nature, faune et fonds marins

«Les crocodiles ont un profil très bas au-dessus de la ligne d'eau lorsqu'ils nagent, afin de dissimuler leur présence à leurs proies. Pour un photographe, essayer de réaliser une prise de vue partagée - moitié au-dessus de l'eau, moitié en dessous - avec un crocodile est un véritable défi. Je voulais que l'œil de cette prédateur puissant ressorte au-dessus de la ligne de flottaison et j'ai dû prendre de nombreuses photos de ce type pour parvenir à cette image, dans l'archipel des Jardines de la Reina, l'une des plus grandes zones protégées de Cuba», a confié la Britannique Jenny Stock, photographe sous-marin, vidéaste et documentariste talentueuse.

«Une fois que j'ai fixé mon objectif macro sur mon appareil photo, il était clair que j'allais devoir m'approcher de près de ce crocodile. Se trouver à proximité d'un animal aussi puissant fait battre le cœur. Ils se déplacent incroyablement vite et vous ne pouvez pas les quitter des yeux. Car il est certain qu'ils vous observent», a-t-elle dit à propos de la photo ci-dessus, image macro de l'œil d'un crocodile.
1er prix - photo unique : femmes dans la culture mondiale

«La fête du "Día de los Muertos" au Mexique, est une célébration profondément spirituelle et culturellement riche de la vie et de la mort. À Oaxaca, une femme âgée est assise, contemplative, parmi les tombes ornées de soucis orange vif, de bougies et de souvenirs personnels. Son expression reflète un mélange de tristesse et de paix, peut-être parce qu'elle communie avec les esprits de ses proches. La lumière chaude des bougies illumine la scène, créant une atmosphère sacrée et intime», a déclaré le photographe turc Ehran Coral.
prix - talent émergent
La catégorie «Talent émergent», qui s'adresse aux photographes amateurs, semi-pros et professionnels (qui sont devenus professionnels au cours des deux dernières années), est une nouveauté de l'édition 2024 du concours. Les dix gagnants, originaires de huit pays différents, vont bénéficier d'un accompagnement et du soutien de la part des juges du TPOTY et d'Eye for the Light. Les lauréats sont les suivants : Sofia Brogi (Italie) ; Gilberto Costa (Portugal) ; Thibault Gerbaldi (France) ; Dmytro Geshengorin (Allemagne) ; Kevin Hoare (États-Unis) ; Florian Kriechbaumer (Allemagne) ; Jo Martindale (Royaume-Uni) ; Kaz Rollison (Royaume-Uni) ; Khaichuin Sim (Malaisie) et Agnieszka Wieczorek (Pologne).



Dans le cadre de ce prix, trois des lauréats - Thibault, Agnieszka et Kevin - auront l'occasion exceptionnelle de faire évaluer leur travail par un agent de photographes new-yorkais de premier plan, Frank Meo, de The PhotoCloser.
1er prix - meilleure photo dans un portfolio : visages, peuples, cultures

«Sur les sables balayés par le vent du mont Bromo sur l'île de Java, en Indonésie, un cavalier lutte pour maîtriser son cheval agressif et énergique. L'homme, qui s'agrippe fermement, est projeté au sol, la poussière volcanique s'accrochant à son visage marqué par des années de labeur. La vie ici est inflexible, exigeant force et résistance de la part des hommes comme des bêtes. Pour les Tengger, peuple hindouiste qui vit autour de la caldeira de Tengger, c'est plus que de la survie, c'est un mode de vie, gravé dans leur culture. Le cavalier, qui ne se laisse pas décourager, est le reflet d'un peuple dont l'esprit persévérant s'épanouit même au milieu des défis de ce territoire indompté», a narré l'Indien Partha Pratim Roy. Installé à Singapour, cet ingénieur en informatique de profession est un photographe passionné et autodidacte qui a reçu de nombreux prix photographiques prestigieux, tant au niveau international que local.
1er prix - portfolio : jeune photographe de voyage de l'année (14 ans et moins)

Australien âgé de 12 ans, Leonardo Murray a pris les quatre photos de son portfolio gagnant au désert de Namibie, lors d'un voyage avec son père, qui est photographe professionnel. Ce pays tient son nom du désert du Namib, considéré comme le plus vieux et l'un des plus hostiles du monde.

1er prix - photo unique : évasion

«Dans ce paradis serein, une église pittoresque se tient perchée au sommet d'une colline douce, entourée d'arbres délicats, drapés de neige douce, à Sveti Tomaz, en Slovénie. L'atmosphère tranquille, éclairée par une lumière douce, invite le spectateur à l'introspection. Des volutes de brume se faufilent dans ce paysage d'une beauté et d'une quiétude qui semblent intemporelles», a confié le Hongkongais Ngar Shun Victor Wong, photographe amateur, exerçant la profession de chirurgien ORL.
1er prix - portfolio : visages, peuples, cultures

Maricruz Sainz de Aja, photographe mexicaine basée à Miami, a été récompensée pour son portfolio de 4 images documentant la vie des Wauga, tribu qui vit dans la province de Simbu, dans les Hautes Terres Centrales, en Papouasie-Nouvelle-Guinée.
«Deux anciens Wauga, gardiens des traditions de leur tribu, fixent l'appareil photo, dans un village situé dans la province de Simbu, dans les Hautes Terres Centrales, en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Leurs visages usés par le temps, marqués par de profondes rides, reflètent une vie de sagesse et de résilience. Parés de coiffes à plumes complexes et couverts de boue noire, ils représentent une culture menacée de disparition. L'ancien au premier plan regarde pensivement, assumant la responsabilité de préserver leur héritage. Derrière lui, le second ancien reflète la même force tranquille, leur présence commune symbolisant les liens durables de la communauté. Cette image puissante capture la fragilité de leurs rituels culturels, nous rappelant l'importance de sauvegarder les traditions avant qu'elles ne se perdent à jamais», a-t-elle indiqué en légende de la photo ci-dessus.

«Agenouillé à l'intérieur de sa hutte au toit de chaume, un ancien de la tribu Wauga joue de sa flûte en bambou, un instrument sacré lié à ses traditions ancestrales. Ses mains usées tiennent délicatement la flûte, produisant des mélodies qui font écho au chant de l'oiseau, appris lors de son initiation à la vie d'homme. La scène capture non seulement l'essence du lien profond de l'ancien avec son héritage, mais aussi la simplicité et la résilience d'un mode de vie qui persiste malgré le passage du temps. Cette image est un hommage à la beauté durable de la tradition et à la profonde spiritualité du peuple Wauga», a expliqué Maricruz Sainz de Aja.
1er prix - meilleure photo dans un portfolio : planète terre - paysages, climat et eau

«Mutiari, 4 ans, joue avec un ami dans les rues inondées de Jeruksari, près de Pekalongan, sur l'île de Java, en Indonésie. Le niveau de la mer en Indonésie s'est élevé de manière alarmante de 4 mm par an depuis 1992, une conséquence tangible du changement climatique. Les villes côtières du nord sont les plus rapidement et les plus gravement touchées, ce à quoi s'ajoutent les inondations dues aux marées qui submergent les villages avec des eaux qui se retirent lentement. L'urbanisation mal planifiée et le développement des infrastructures contribuent également aux inondations dans ces zones de basse altitude», a déclaré Alain Schrœder, photojournaliste belge multiprimé.
1er prix - portfolio : jeune photographe de voyage de l'année (15-18ans)

Jeune photographe polonais de 17 ans, Maksymilian Paczkowski a été récompensé pour son portfolio consacré à la faune de son pays. «En mai, la Pologne brille avec ses champs de colza jaune citron. Certains oiseaux s'y nourrissent car ils attirent les insectes. Chaque année, j'essaie de trouver des bergeronnettes printanières dans ces cultures, à Kornik, près de Poznan. Après avoir parcouru des dizaines de champs sur mon vélo, je n'ai rien trouvé. Mon dernier espoir était dans le champ le plus proche de ma maison, et j'ai eu beaucoup de chance - ces beaux oiseaux étaient là», s'est-il souvenu à propos de la photo ci-dessus.
«Je photographiais des oiseaux de rivage et des râles au milieu des roseaux, près d'une mare, près de la ville de Środa Wielkopolska. Le troisième jour, un martin-pêcheur s'est assis juste devant moi. Il a changé de position plusieurs fois, me permettant de prendre une photo, alors qu'il s'envolait», a-t-il expliqué à propos de son image ci-dessous.

1er prix - portfolio : voyage en monochrome


«Situé dans les Dolomites, en Italie, l'Alpe di Siusi, appelé en allemand Seiser Alm, est l'un des plus hauts alpages d'Europe, où les anciens chalets de bergers sont aujourd'hui surtout utilisés pour le tourisme», a déclaré le Slovène Ales Krivec, concepteur et développeur web et photographe amateur.
prix du public

Unique catégorie du concours dont le gagnant n'est pas choisi par le jury, le prix du public a été attribué à l'époustouflante image de Mauro De Bettio, qui illustre la relation étroite entre un pangolin et son protecteur dévoué, qui l'a sauvé d'un marché d'animaux sauvages au Nigeria. Cette image s'est classée en tête des votes du public sur le site web du TPOTY, avec 19.895 suffrages exprimés en sa faveur.
«Dans les marchés animés de Lagos, au Nigeria, un homme se dresse comme un phare d'espoir, de courage et de compassion, portant fièrement un pangolin sur sa tête - un symbole poignant de résilience. Ce pangolin a été sauvé du commerce illégal d'espèces sauvages, une industrie qui a fait du Nigeria une plaque tournante du trafic international. L'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) souligne que le Nigeria est l'un des principaux exportateurs d'écailles de pangolin, ce qui alimente un marché noir de plusieurs millions de dollars. Chassés localement pour l'alimentation et faisant l'objet d'un trafic international pour la médecine traditionnelle et la mode, les pangolins sont gravement menacés. L'acte de cet homme souligne la nécessité urgente de protéger ces paisibles créatures, dont la survie est de plus en plus menacée par l'avidité et l'exploitation humaines», a confié l'Italien Mauro De Bettio, photojournaliste de renommée internationale.
1er prix - photo unique : fêtes et célébrations

«Située dans le nord du Pakistan, Rumbur est l'une des trois vallées isolées où vit le peuple Kalash, minorité religieuse du Pakistan. Près de la ville de Chitral, des filles font la fête pendant le "Chilam Joshi", également connu sous le nom de fête du printemps des Kalash. Ce peuple s'est toujours vêtu de manière exotique, mais pendant ces festivités, ils portent des coiffes plus excentriques, notamment des plumes, des robes brodées et des perles. Animistes, les Kalash croient que "Chilam Joshi" assure l'équilibre de la nature et la fertilité de la terre. C'est pourquoi, pendant cette fête, lils effectuent des rituels en l'honneur de leurs dieux et déesses. Ces festivités sont l'occasion pour la communauté de se rassembler, de renforcer les liens sociaux et de transmettre les traditions culturelles aux jeunes générations», a indiqué la Britannique Jo Kearney, photographe, vidéaste et documentariste chevronnée et multiprimée.
1er prix - meilleure photo dans un portfolio : voyage en monochrome

«L'art séculaire de la poterie prospère dans la ville d'Avanos, dans la région de la Cappadoce, en Turquie. Près du delta de la rivière Rouge, l'argile fournit la matière première qui est transformée en pots à usage quotidien par des artisans qualifiés, tels que Gokhan Ozgul, qui figure dans cette série», a déclaré Linda Bride, photographe indépendante basée à Oxford, au Royaume-Uni.