Alors que les 133 cardinaux électeurs sont actuellement coupés du monde pour élire le nouveau pape, un cardinal ayant participé au conclave de 2013 est revenu sur les coulisses d'un tel événement.
Un secret éprouvant pour les cardinaux. L'agence I.media, spécialisée dans la couverture de l'activité vaticane, a rencontré un cardinal qui avait participé à l'élection du pape François, à l'issue du traditionnel conclave, en 2013. «Ce qui m’avait frappé, c’était l’atmosphère de prière qui régnait au moment du conclave», s'est d'abord souvenu le prélat.
Il faut dire que dans la résidence Sainte-Marthe, où il logeait en compagnie des autres cardinaux, «la chapelle était pleine». «Quand on arrive à un conclave, on sait que nous sommes de pauvres hommes», avait-il poursuivi, évoquant la présence de «confesseurs» dédiés à cet événement.
«Ce n’est pas une trop grande privation»
Mais pour le cardinal interrogé par I.media il y a trois ans, le choix se portera sur un autre cardinal. «Moi, j’avais été toquer à la porte en face de ma chambre pour demander à un de mes frères de me confesser. Je pense que, chacun dans son baptême, demande le pardon des péchés», avait-il avancé.
Et de poursuivre : «Dans notre prière, nous disons au Seigneur : "Cet acte que je dois faire, je vais essayer de le faire comme un chrétien". Je n’en ai pas parlé avec d’autres mais je ne pense pas être le seul chrétien !»
Au sujet du conclave, il décrit une ambiance «simple», avant de détailler : «on retrouve des amis, on mange, on prie, et on dort… Si on y arrive !» Mais ce n'est pas tout. «On ne peut pas aller se promener dans les jardins du Vatican. On n’a plus l’usage de nos téléphones portables. On nous laisse notre ordinateur mais seulement pour du traitement de texte. On peut donc rédiger des notes», avait confié le cardinal.
Beaucoup d'interdits à gérer pour les hommes d'église qui peuvent se consoler de ne plus avoir «aucun contact avec l’extérieur». Mais le prélat avait préféré relativiser : «Ce n’est pas une trop grande privation : cela n’avait pas duré longtemps ! Nous étions d’ailleurs contents que cela se termine dès le lendemain soir, parce que ce ne sont pas des nuits faciles.»
En effet, durant le conclave «on ne dort pas bien», avait-il admis. «C’est une responsabilité énorme et l’on sait que le monde entier nous attend. Au dîner d’après l’élection, nous étions heureux !», avait-il tempéré.