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Kenya : au moins huit morts et 400 blessés dans des affrontements entre manifestants et policiers à Nairobi

Au moins 300 personnes ont été blessées à Nairobi, dont 67 sont dans un état critique. [Luis TATO / AFP]

Huit personnes ont été tuées et au moins 400 autres blessées ce mercredi au Kenya lors de manifestations commémorant le mouvement citoyen de 2024 inédit et violemment réprimé, a rapporté une coalition d'une vingtaine d'ONG.

Un terrible drame. À l’occasion des commémorations du mouvement citoyen de 2024, au moins huit personnes ont été tuées et 400 autres blessées, dont 83 gravement, après des affrontements entre policiers et manifestants dans la capitale du Kenya, Nairobi, mais aussi dans la grande ville côtière de Mombasa et d'autres comtés du pays.

Selon les premières informations recueillies par les ONG, dont la Croix Rouge, la Commission kényane des droits de l'Homme et Amnesty international, au moins 300 personnes ont été blessées à Nairobi, dont 67 sont dans un état critique, avec des soupçons de «blessures par balles» chez certaines. Trois policiers ont aussi été blessés par balles.

Les associations ont exhorté «ceux qui sont encore dans les rues à faire preuve de prudence pour éviter de nouvelles pertes de vie et des blessures».

Des manifestations lourdement réprimées

Le 25 juin 2024, la prise du Parlement de la capitale par des manifestants, réclamant le retrait de la loi de finances et la démission du président William Ruto, avait marqué l'apogée de protestations qui avaient perduré jusqu'en juillet. Plus de 60 personnes avaient été tuées au total, et plus de 80 personnes avaient été enlevées, dont certaines encore portées disparues, selon les groupes de défense des droits humains.

Ce mercredi, des milliers de manifestants, majoritairement de jeunes hommes, sont à nouveau descendus dans la rue. Si les manifestations ont débuté dans le calme, de nombreux manifestants, scandant «libération» ou encore «un mandat» (pour le président Ruto, NDLR) ont ensuite jeté des pierres sur les forces de l'ordre, qui ont répondu en lançant des gaz lacrymogènes et grenades assourdissantes. Au moins trois canons à eau ont également été déployés, avant que la situation ne dégénère.

Le président soutient les policiers

Au Kenya, «la liberté, ça fait "bang"», s'est désolé un jeune d'une vingtaine d'années, la tête bandée dans une longue compresse, alors que les explosions se multipliaient autour de lui. «Nous sommes ici pour allumer des bougies (pour les morts de 2024, NDLR). Vous ne pouvez pas nous traiter comme ça», a hurlé un homme en direction de policiers.

De son côté, William Ruto a promis son «soutien» aux policiers. En plus des violences, de la corruption et des difficultés économiques, la jeunesse réclame les emplois que le président leur avait promis pendant sa campagne. 

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