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Crash du Boeing 787 d’Air India : de nouvelles preuves révélées

Aucune anomalie majeure n'a été détectée sur les mécanismes de verrouillage des interrupteurs des Boeing 787. [CENTRAL INDUSTRIAL SECURITY FORCE (CISF) / AFP]

De nouveaux détails dans l'enquête sur le crash du Boeing 787 d’Air India en juin dernier ont révélé que le commandant de bord aurait délibérément coupé l'alimentation en carburant des moteurs, provoquant ainsi l'accident. 

De nouvelles révélations. Un extrait de l'enregistrement de la boîte noire du vol Air India, qui s'est écrasé le mois dernier, a révélé que le commandant Sumeet Sabharwal aurait coupé l'alimentation en kérosène des moteurs du Boeing 787-8 Dreamliner, selon les informations rapportées par le Wall Street Journal.

Cette coupure a causé une brusque perte de puissance des moteurs de l'appareil, qui s'est écrasé sur un bâtiment universitaire le 12 juin, faisant 241 victimes présentes à bord, y compris les deux pilotes, ainsi que 19 autres au sol. Seul Vishwash Kumar Ramesh, un citoyen britannique, a miraculeusement survécu. 

D'après des sources proches du dossier non identifiées, le copilote Clive Kunder, aux commandes, «a exprimé sa surprise et a ensuite paniqué», demandant au commandant pourquoi il avait coupé le carburant, tandis que ce dernier serait resté calme.

Cette version corrobore le rapport préliminaire du Bureau indien d'enquête sur les accidents aériens (AAIB), publié le samedi 12 juillet, indiquant que les interrupteurs d'alimentation ont basculé presque simultanément de la position «marche» à la position «coupure» trois secondes après le décollage, sans préciser si c'était accidentel ou intentionnel.

Le document ne faisait que résumer l'échange entre les deux pilotes, l'un demandant à l'autre «pourquoi il a coupé l'alimentation en carburant» et ce dernier répondant «qu'il ne l'a pas fait». Toutefois, le rapport ne permettait pas de savoir lequel des deux aviateurs a prononcé ces phrases ni lequel a émis le signal de détresse «Mayday, Mayday, Mayday» juste avant le crash. 

Des preuves accablantes

Bien que l'enquête n'ait jusqu'à présent établi aucune conclusion et désigné aucun responsable, ces éléments ont conduit certains responsables américains à envisager une possible enquête pénale afin de déterminer si le drame résulte d'une défaillance technique ou d'un acte volontaire.

De son côté, le bureau a indiqué ce jeudi qu'«à ce stade, il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives» concernant les causes de l'accident, précisant que l'enquête était toujours en cours. 

Les dossiers médicaux de Sumeet Sabharwal ont néanmoins révélé, selon des rapports antérieurs, que le commandant de bord – qui cumulait plus de 15.000 heures de vol – avait pris plusieurs congés médicaux ces dernières années, apparemment en raison de dépression et de problèmes de santé mentale, d'après le Telegraph.

«Plusieurs pilotes d'Air India m'ont confié qu'il souffrait de dépression et de troubles mentaux. Il avait été en arrêt maladie à plusieurs reprises ces trois ou quatre dernières années», a rapporté Mohan Ranganathan, expert indien en sécurité aérienne. 

Le président d'Air India, Campbell Wilson, a néanmoins contesté les conclusions préliminaires de l'enquête sur l'accident qui suggéraient qu'une erreur du pilote liée aux interrupteurs de coupure de carburant pourrait être en cause. Dans une note interne, il a souligné que l'investigation était encore «loin d'être terminée». 

En outre, aucun problème particulier n'a été signalé sur les systèmes de verrouillage de ces interrupteurs (FCS) sur tous les Boeing 787, dont ceux immatriculés en Inde.

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