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Pourquoi la chute des naissances pose un problème terrible à la Corée du Sud face à la Corée du Nord

En juillet dernier, l'armée sud-coréenne comptait 450.000 soldats, contre 563.000 en 2019. [Anthony WALLACE / AFP]

Un récent rapport a révélé que le nombre de soldats sud-coréens a diminué de 20 % au cours des six dernières années, en grande partie à cause de la diminution du nombre de jeunes hommes. La conséquence directe d'un taux de natalité en chute libre en Corée du Sud. 

Un lien de cause à effet surprenant. Depuis plusieurs années déjà, le taux de natalité en Corée du Sud diminue. Au-delà des conséquences démographiques, cela impacte la capacité défensive du pays. Et pour preuve : selon un nouveau rapport établi par le ministère de la Défense et consulté par CNN, le nombre de soldats sud-coréens a diminué de 20 % au cours des six dernières années, en grande partie à cause de la diminution du nombre de jeunes hommes. 

Une baisse que le ministère attribue à des «facteurs complexes», notamment le déclin démographique et la diminution du nombre d'hommes souhaitant devenir officiers en raison du «traitement réservé aux soldats». 

La Corée du Nord aussi confrontée à des problèmes démographiques

Selon CNN, en juillet dernier, l'armée sud-coréenne comptait 450.000 soldats, contre 563.000 en 2019. «Si le nombre de membres de l'armée permanente continue de diminuer, il pourrait y avoir des difficultés à garantir une main-d'œuvre d'élite et des limites dans l'équipement opérationnel», a averti, dans le rapport, la députée Choo Mi-ae.

De l’autre côté de la frontière, en Corée du Nord les signaux envoyés sont tout autres : le pays a envoyé des dizaines de milliers de soldats combattre pour la Russie sur les lignes de front avec l’Ukraine, et la famille Kim, au pouvoir en Corée du Nord, continue de tenir un discours hostile, menaçant de détruire la Corée du Sud avec des armes nucléaires en cas d'attaque et avertissant que Séoul reste «l'ennemi».

Mais d'après les experts, ces agissements ne démontrent pas nécessairement que l’armée nord-coréenne est en meilleure situation. En effet, le Nord est également confronté à ses propres problèmes démographiques et à un déclin du taux de natalité. 

Recrutement des femmes en Corée du Nord

Cependant, en apparence, la Corée du Nord a plusieurs avantages. D'abord, il s'agit de l'un des pays les plus militarisés au monde, avec jusqu'à 1,3 million de soldats, selon le World Factbook de la CIA. Soit, près de trois fois plus que les effectifs de la Corée du Sud. Ses troupes servent également dans l'armée beaucoup plus longtemps : dix ans en moyenne. 

Le taux de fécondité de la Corée du Nord – défini comme le nombre moyen d'enfants nés d'une femme au cours de sa vie – est également bien plus élevé, atteignant 1,77 en 2025, contre 0,75 en Corée du Sud, selon les données de l'ONU

Leur armée a par ailleurs recruté davantage de femmes pour combler les lacunes existantes. La proportion de recrues féminines atteignant aujourd'hui 20 % selon certaines estimations. Parmi elles, beaucoup sont des femmes plus jeunes qui servent dans les secteurs des communications, de l'administration et de l'artillerie antiaérienne de l'armée. Parallèlement, des femmes, d'âge moyen et plus âgées, ont été mobilisées pour combler des lacunes dans d'autres secteurs civils.

C'est un détail de taille, car en Corée du Sud, les femmes ne sont pas enrôlées. Un point controversé qui a attisé le ressentiment de certains jeunes Coréens, qui affirment que leur service militaire obligatoire les désavantage dans leurs études, leur carrière et leur vie personnelle.

En 2023, les femmes volontaires ne représentaient que 3,6 % de l'ensemble de l'armée en Corée du Sud, selon le ministère de la Défense. 

Miser sur la technologie

Alors, pour contrer les problèmes d'effectifs de l'armée sud-coréenne, plusieurs solutions sont émises. Selon certains experts, l'engagement d'un plus grand nombre de femmes pourrait résoudre le problème de la Corée du Sud. Un point de vue partagé par le ministère de la Défense. 

Mais d'après Choi, professeur de sécurité nationale, mentionné dans le rapport selon CNN, le pays devrait plutôt miser sur le développement de sa technologie et la formation d'une élite de troupes. «Personnellement, je ne partage pas l'avis selon lequel nous devons disposer d'un nombre important de troupes, car la Corée du Nord en a besoin», a-t-il déclaré. 

«Nos effectifs ont diminué et il n'y a guère d'options pour les augmenter... Je pense que nous devons saisir cette crise comme une opportunité, car la Corée du Sud est en passe de devenir une puissance scientifique et technologique», explique-t-il. 

À l'image de l'Ukraine, des outils comme les drones et la cyberguerre pourraient ainsi contribuer à réduire la dépendance de la Corée du Sud à l'infanterie et à l'artillerie. Les systèmes assistés par l'IA et autonomes pourraient renforcer encore davantage une armée en déclin, a également confié Leif-Eric Easley, professeur d'études internationales à l'Université féminine Ewha de Séoul.

Selon Choi, il faut également réussir à «améliorer le bien-être des militaires et leur esprit combatif dans son ensemble», ajoutant que soutenir la taille actuelle de l’armée deviendra encore plus difficile dans les décennies à venir, à mesure que la population déclinera davantage. 

«D’ici aux années 2040, même maintenir 350.000 soldats sera difficile, et c’est pourquoi nous devons établir un système de structure des effectifs optimisé… dès que possible», termine-t-il. 

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