Le 21 août 2013, la Syrie subissait l'une des pires attaques chimiques de son histoire récente. Encore aujourd'hui, le traumatisme du massacre de la Ghouta reste très vif.
Une page sombre de son histoire. Il y a douze ans jour pour jour, la Syrie, alors en pleine guerre civile, déplorait la mort de centaines de civil à la suite de l'utilisation de gaz sarin, une arme chimique, par les forces armées syriennes.
Le massacre de la Ghouta a pris place dans plusieurs villes situées à l'est de la capitale, Damas.
C'est plus précisément au sein de l'ancienne oasis de la Ghouta, aux mains de l'armée syrienne libre (opposée à Bachar al-Assad) avant cette offensive, que la tragédie a eu lieu.
Le 21 août 2013, l'attaque avait ainsi été menée par l'armée syrienne peu avant minuit, sur l'est de Damas via des frappes aériennes et des tirs de roquettes. L'armée syrienne libre faisait état d'obus de mortier et de 29 missiles neurotoxiques lancés à partir de 2h25 du matin.
Très rapidement, les victimes se comptaient déjà en dizaines voire en centaines et des images choquantes inondaient les réseaux sociaux. Si l'utilisation de gaz sarin avait tout de suite été suspectée, l'ONG Human Rights Watch avait aussi noté que les roquettes à l'origine des bombardements comportaient des inscriptions en cyrilique, orientant sur une fabrication d'origine russe.
Le sarin est un gaz connu pour son utilisation militaire, notamment par des groupes terroristes. Sa première utilisation recensée date de 1995, où un attentat dans le métro de Tokyo avait fait 13 morts et plus de 1.300 blessés. Il s'apparente, par sa structure et ses effets, à certains insecticides comme le malathion ou encore le carbaryl.
Pour cette attaque du gouvernement syrien, plusieurs observateurs estiment que le sarin a été utilisé pour porter un coup psychologique aux populations. En effet, en attaquant volontairement les civils, les dirigeants voulaient leur porter un coup moral. Les effets psychologiques impressionnants, notamment les convulsions provoquées par le gaz, permettaient donc de s'inscrire dans cette logique d'attaque morale.

A l'époque, les médecins faisaint état des symptômes suivants : les pupilles dilatées, les yeux rouges, des tremblements intenses voire des convulsions neurologiques, des nausées, des troubles respiratoires et parfois, des hallucinations ou des paralysies. Certains témoins expliquaient même que le corps des victimes devenait bleu et que les yeux rouges des contaminés les démangeaient. Pour décontaminer les populations, de grandes quantité d'eau avaient été aspergées sur les blessés.
Un lourd bilan, notamment chez les plus jeunes
La Coalition nationale des forces de l'opposition et de la révolution syrienne (CNFOR) avait initialement dénombré plus de 1.300 morts. Mais, dès le lendemain, elle déplorait un bilan plus lourd encore avec 1.729 morts et 6.000 blessés.
Quelques jours plus tard, les services de renseignement américains faisaient quant à eux part d'un total d'au moins 1.429 morts, dont 426 enfants.
Malgré l'appui russe et chinois, alliés traditionnels de la Syrie, cette attaque a eu pour conséquence d'obliger le pays à opérer un démantèlement de son arsenal chimique, comme l'avait proposé la Russie.
Une fois acceptée par les Etats-Unis, cette option a permis à Damas d'intégrer la Convention sur l'interdiction des armes chimiques et l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC). Les armes chimiques présentes d'ailleurs dans la capitale avaient définitivement été détruites entre 2013 et 2016.