Les présidents chinois et russe Xi Jinping et Vladimir Poutine s'en sont tour à tour pris durement aux États-Unis et à l'Occident ce lundi lors d'un sommet réunissant une kyrielle de dirigeants eurasiatiques et censé promouvoir une autre gouvernance mondiale dans une époque troublée.
Un sommet décisif. Le président chinois Xi Jinping a pourfendu, ce lundi 1er septembre, une «mentalité de guerre froide» et les «actes d'intimidation» à l'oeuvre dans le monde, en ouvrant un sommet régional en présence du président russe et d'une kyrielle de leaders eurasiatiques.
Le dirigeant de la deuxième puissance économique mondiale a défendu l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), réunie en sommet dans la mégapole portuaire de Tianjin (nord), comme un modèle possible de multilatéralisme, dans une période de tensions géostratégiques et commerciales.
«nous opposer à une mentalité de guerre froide»
Xi Jinping a défendu un ordre mondial fondé sur la «justice». Il a exalté un «esprit de Shanghai» à un moment où le monde est «en pleine turbulence et transformation». Nous devons «nous opposer à une mentalité de guerre froide et de confrontation de blocs, ainsi qu'aux actes d'intimidation», a-t-il dit dans une référence à peine voilée aux Etats-Unis, jamais nommés dans son intervention.
Avec les pays partenaires et observateurs de l'OCS, les chefs d'Etat ou de gouvernement d'une vingtaine de pays sont réunis à Tianjin. Les représentants d'une dizaine d'organisations régionales et internationales participent également à ce rendez-vous censé placer la Chine au coeur de la compétition stratégique.
Le dirigeant chinois a échangé des amabilités avec le président russe Vladimir Poutine et le Premier ministre indien Narendra Modi, souriants, avant que les dirigeants des dix pays membres de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) ne posent pour une photo de groupe sur le tapis rouge.
L'événement réunit aussi les président iranien Massoud Pezeshkian, turc Recep Tayyip Erdogan et biélorusse Alexandre Loukachenko ainsi que le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif.
La Chine, un pôle de stabilité dans un monde divisé
Le sommet, le premier depuis le retour à la Maison Blanche de Donald Trump, est décrit comme le plus important par sa participation depuis la création de l'OCS en 2001.
Il se tient dans un contexte de crises multiples touchant directement ses membres : confrontation commerciale des États-Unis avec la Chine et l'Inde, guerre en Ukraine ou querelle nucléaire iranienne.
Le rendez-vous ouvre une séquence où la Chine entend manifester non seulement son allonge diplomatique mais aussi sa puissance de frappe, tout en se présentant comme un pôle de stabilité dans un monde divisé.
Vladimir Poutine et plusieurs autres participants assisteront mercredi à la démonstration des capacités militaires du pays lors d'un grand défilé à Pékin pour célébrer les 80 ans de la fin de la Deuxième guerre mondiale.
Pékin au soutien de Moscou
Le leader nord-coréen Kim Jong-un effectuera pour l'occasion une rare sortie hors de son pays. La Corée du Nord est devenue l'un des principaux alliés de la Russie dans sa guerre contre l'Ukraine.
De nombreux alliés de Kiev soupçonnent Pékin de soutenir aussi Moscou dans le conflit. La Chine invoque la neutralité et accuse les pays occidentaux de prolonger les hostilités en armant l'Ukraine.
Le sommet offre aussi l'occasion d'une multitude de rencontres bilatérales, notamment pour Vladimir Poutine qui devrait s'entretenir lundi avec les présidents turc et iranien et le Premier ministre indien. Xi Jinping et le président russe devraient avoir des discussions mardi à Pékin.